New York renoue avec lady héroïne

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 18 mars 2014

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New York renoue avec les démons de l'héroïne
Après des années de déclin, les overdoses liées à la prise d’héroïne sont en forte progression à New York. Les autorités reconnaissent une véritable crise de santé publique. A l'origine : l'usage massif de médicaments anti-douleur à base d’opiacés, qui induisent une forte dépendance.

Le 2 février dernier, Philip Seymour Hoffman est retrouvé mort dans son appartement de Manhattan. L'acteur oscarisé de 46 ans a succombé a une overdose à l'héroïne, une rechute fatale dans l'addiction qui le dévorait depuis des années. Un fait divers isolé qui trahit pourtant une réelle tendance : à New York, le taux de décès par overdose à l'héroïne a bondit de 84% entre 2010 et 2012.

Philip Seymour Hoffman sous les traits de Truman Capote / cc Flickr Wolf Gang
  
Dans le centre de désintoxication de Staten Island, une trentaine d'adolescents et jeunes adultes tentent de retrouver une vie normale. La plupart souffrent depuis des années d'addictions aux opiacés : l'héroïne bien sûr, mais aussi des médicaments anti-douleur : vicodine, codéine, oxycontine.
  
cc Flickr par WBEZ
   
Théoriquement réservé aux malades en phase terminale, ce dernier fait des ravages chez les toxicomanes, comme l'explique Luke Nasta, le directeur du centre, lui même ancien consommateur :
   
Si vous prenez de l'oxycontine pour vous défoncer, vous avez les mêmes risques de développer une addiction aux opiacés que si vous prenez un sachet d'héroïne [...] Il y a dix ans, on alertait les autorités sur ce nouveau type de drogués. Ils sont jeunes, ils travaillent, ce sont souvent des geeks. Ils se droguent dès le lycée, ils écrasent des comprimés et les sniffent ou les brûlent et inhalent la fumée. C'est encore pire que l'épidémie d'héroïne dans les années 60, car tout est plus aseptisé.

    
Pour tous ces jeunes a priori bien intégrés, les histoires se ressemblent. L'usage récréatif de médicaments les fait rapidement basculer vers une dépendance destructrice.
   
Il y a deux ans, les autorités ont voulu limiter les prescriptions abusives de médicaments. Il est aujourd'hui plus difficile de s'en faire prescrire et les prix sont plus élevés. Ce qui ne va pas sans effets pervers : un sachet d'héroïne coûte désormais 5 fois moins cher qu'un comprimé et quand le manque se fait sentir, le choix est vite fait.
   
Reportage signé Charlotte Alix, correspondante du Mouv' à New York. Mise en page : Sébastien Sabiron.
    
Photo d'illustration : cc Flickr par WBEZ
    


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