"Netflix, c'est cheap"

le Reportage de la Rédaction Lundi 07 avril 2014

Réécoute
Dernières diffusions
"Netflix, c'est cheap"
Attendu en France à l'automne prochain, le géant américain de la VOD promet de bousculer notre façon de consommer des films et des séries. Fantasme des "sérievores", Netflix est redouté par les diffuseurs et par les tenants de l'exception culturelle française. La révolution annoncée aura t-elle lieu ?

Netflix par-ci, Netflix par là, celà fait des mois qu'on vous rebat les oreilles à longueur de colonnes. Il faut dire que sur le papier, Netflix fait rêver : des dizaines de milliers de films et de séries en streaming illimité, pour 8 dollars (moins de 6 euros) par mois. De quoi s'offrir des heures de binge watching sans bouger de son canapé.

Une infime partie du catalogue Netflix

Aux Etats-Unis, Netflix rassemble déjà 44 millions d'abonnés et concentre 30% du trafic internet en soirée. Le succès de House Of Cards, série coproduite par Netflix et disponible intégralement dès le premier jour de la diffusion y a sans doute beaucoup contribué.


Mais l'arrivée de Netflix en France se heurte à une certaine réserve des pouvoir publics, Ministère de la culture en tête. Le géant américain n'est pas du genre à se plier aux spécificités locales et l'hexagone en compte beaucoup.

Pour préserver l'exception culturelle, les diffuseurs ont des obligations de financement et de quotas d’œuvre françaises. Par ailleurs, notre chronologie des médias impose qu'un film ne peut pas être disponible en VOD moins de 36 mois après sa sortie en salles. Pour contourner ces règles, Netflix lancerait son offre en France à partir du Luxembourg.

Quelles alternatives en attendant Netflix ?

Pour Pascal Lechevallier, dirigeant de l'agence "What's Hot" et spécialiste de la VOD, Netflix n'est pas totalement à la hauteur des fantasmes qu'il suscite :

Si on regarde l'offre dans le détail, on peut se dire que Netflix, c'est cheap. Le service est facilement accessible sur tout un tas de terminaux, certains films sont disponibles rapidement, mais la majorité sont tout de même assez anciens.



N'empêche, le catalogue de Netflix est très largement fourni et la réputation déjà bien établie de la marque fait saliver certains opérateurs français. Parmi eux, Videofutur, l'ancien loueur de cassettes vidéo qui a lancé une box offrant un accès télé et du straming en VOD.


Pour Mathias Hautefort, directeur général de Videofutur, l'arrivée de Netflix en France mettra un salutaire coup de fouet au marché très figé de la VOD en France :


Canal + et Orange prennent les devants

L'arrivée de Netflix fait trembler les diffuseurs français, qui eux, sont soumis (pour le cinéma) à cette fameuse chronologie des médias. Du coup, les chaînes mènent l'offensive sur le front des séries. Canal + s'est ainsi inspiré de ce qu'a fait Netflix avec House of Cards : la saison 5 de Mafiosa sera disponible intégralement dès le premier jour de sa diffusion sur Canal + à la demande.


De son côté, Orange a frappé fort en achetant l'intégralité du catalogue HBO, ce qui lui permet par exemple de diffuser les épisodes de Game Of Thrones 24h après leur diffusion américaine sur OCS city, l'une des 4 chaînes du bouquet d'Orange

Au final, c'est sans doute sur l'aspect économique que Netflix fera bouger les lignes, au bénéfice des consommateurs. Le bouquet classique de Canal + coûte près de 40 euros par mois, celui d'OCS une douzaine d'euro. Même si l'on n'y trouvera pas de sport ni de porno, le "full access" de Netflix à moins de 10 euros par mois risque de faire très mal.

Dossier préparé par Sébastien Sabiron et Marie Blondiau.

 


 

Commentaires