Netflix à l'abordage des séries

L'actualité numérique Mercredi 18 septembre 2013

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Netflix à l'abordage des séries
Vous ne le connaissez peut-être pas vu qu'il n'a pas encore débarqué en France, mais Netflix est l'un des plus gros sites (légaux) de streaming au monde. Et il n'hésite pas à ruer dans les brancards pour s'imposer. En s'inspirant par exemple du téléchargement illégal pour élaborer son catalogue...

 

Pirate ! Netflix, l'une des plus grosses plate-formes légales de vidéos à la demande (si populaire qu'on l'accuse aux Etats-Unis et au Canada de boucher les tuyaux du Net avec ses films et ses séries) vient d'avouer en toute décontraction s'inspirer des téléchargements illégaux pour constituer son catalogue de films et de séries !

A l'occasion de son installation aux Pays-Bas, la semaine dernière, le site a en effet confié via sa vice-présidente en charge de l'acquisition de contenu, Kelly Merryman:

pour l'achat de séries, nous regardons ce qui marche sur les sites de piratage.

Une prise en compte du piratage des oeuvres qui ne plait pas à tout le monde, et en particulier à une partie de l'industrie culturelle, qui se bat depuis longtemps contre ces actes de flibusterie sur Internet. Mais qui a aussi son intérêt : au lieu de pratiquer une politique de l'autruche qui consiste à simplement vouloir éradiquer ces usages, Netflix a l'intelligence de les considérer. Pour éventuellement les transformerin fine en pratiques légales. Et surtout lucratives pour le service, qui n'agit pas par pur amour de la loi.

Une stratégie en laquelle Netflix croit dur comme fer : c'est "beaucoup plus facile à utiliser qu'un site de torrents. Vous n'avez pas à gérer de fichiers, vous n'avez ni à les télécharger ni à les déplacer. Vous avez juste à cliquer et à regarder", explique, enjoué, son directeur général, Reed Hastings. Lequel mise, à l'instar d'un Spotify ou d'un Deezer dans la musique, sur la propension des internautes à payer pour un accès simplifié et pratique à des oeuvres de meilleure qualité.

Et la popularité de Netflix dans les différents pays où le service est implanté (plus de 36 millions d'abonnés répartis sur l'ensemble du continent américain, le Royaume-Uni, l'Irlande et depuis peu les pays nordiques et les Pays-bas) semble valider cet enthousiasme, doublé en plus d'une capacité d'innovation qui paye : la série House of cards, pensée par et pour Netflix (une première) a d'ores et déjà remporté un certain succès critique. Et s'affiche depuis peu sur les écrans de Canal +.

 

De la même façon, l'effroi que le site suscite chez ses éventuels futurs concurrents prouve qu'il n'est pas perçu comme un bleu. Bien au contraire. En France, voilà un bail que son prochain abordage est annoncé et redouté, même si celui-ci ne semble toujours pas à l'agenda. Une question "prématuréé", me confiait un de ses responsables il y a quelques semaines. Mais loin d'être écartée.

Le landernau des petit (et grand) écrans a donc encore un peu de temps pour fourbir ses armes face au titan américain. Et il y a du pain sur la planche, de l'avis des nombreux sérivores et autres cinéphiles français déjà, mais aussi de Pierre Lescure. Dans son rapport rendu il y a quelques mois au gouvernement, l'homme de télé regrettait ainsi le retard pris en matière de vidéos à la demande, et la diffusion bien trop tardive des séries.

Le message est clair : au boulot, avant que le grand Netflix vous croque.

SONS :

- "Bienvenue à Washignton", extrait de House of cards. Le talent carnassier de Kevin Spacey en une petite phrase.


Andréa Fradin

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