Municipales un mois après : le bilan des maires Front National

le Reportage de la Rédaction Jeudi 01 mai 2014

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Un mois après les élections municipales : le bilan des maires Front National
Une douzaine de villes de plus de 9 000 habitants sont dirigées par des maires Front National. C'est peu sur 36 000 communes, mais des élus d'extrême droite ont déjà pris des mesures qui font du bruit. Et dans certaines communes, la contestation s'organise.

Les maires Front National ou Rassemblement Bleu Marine prennent progressivement leurs marques. Ils sont une douzaine en France, à la tête de villes de plus de 9 000 habitants, élus pour six ans. Mais dans certaines communes, des habitants et des militants associatifs ou politiques ont décidé de ne pas baisser les bras, et de jouer un vrai rôle d'opposant.

Le Front National sous surveillance

Exemple à Mantes-la-ville, commune des Yvelines de 20 000 habitants à 50 kilomètres à l'ouest de Paris. Mantes-la-ville et son maire frontiste Cyril Nauth, élu avec 30,3% des voix à la faveur d'une quadrangulaire, face à une liste du Parti Socialiste, à une liste Divers Gauche et une liste Divers Droite.

Mantes-la-ville où la fronde s'organise, avec la création d'un comité de vigilance et d'action pour surveiller le Front National. Une réunion est prévue ce dimanche pour structurer ce collectif.

 

Soixante-dix habitants ont assisté, très attentifs, au deuxième Conseil Municipal de Mantes-la-Ville

Un comité de vigilance contre le Front National à Mantes-la-Ville


Ils ne sont pas les seuls à garder un oeil sur les maires Front National. Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, se dit inquiète :

Pour le moment, on surveille les déclarations faites par certains élus qui ont dit qu'ils allaient étudier les subventions aux associations culturelles en fonction de certains critères et il ne faut pas que cela s'assimile à de l'arbitraire


 

Une prise de position que n'a pas vraiment apprécié, Marine Le Pen, la présidente du Front National, invitée sur I>TELE :

Je trouve scandaleux qu'une ministre de la République s'attache comme cela à stigmatiser en quelque sorte quelques municipalités, qu'elle mettrait sous un contrôle particulier, sous tutelle. A quel titre Mme Filippetti met-elle sa casquette de contrôleur général pour venir surveiller tout particulièrement ces municipalités ?


 

La culture en danger ?

Pourtant par le passé, la culture n'a jamais été une priorité pour le parti. On se souvient, par exemple de l'affaire du Sous-Marin à Vitrolles dans les Bouches-du-Rhone. Ce café musique de 350 places a été créé en 1993. Il était installé dans une salle prêtée par la ville et subventionné à hauteur de 100 000 francs par la municipalité, soit un quart du budget de l'association. Mais cette subvention a été tout simplement supprimée à l'arrivée du Front National en 1997. Finalement l'association a complètement disparu en 2003.

A Beaucaire dans le Gard, le Positiv' Festival a décidé de ne pas prendre de risque. Ce festival de musiques actuelles a été créé il y a deux ans. Mais la ville est désormais aux mains Front National. Le festival a donc décidé de déménager à Bellegarde, toujours dans le Gard, et à Marseille. Les organisateurs ne veulent pas travailler avec un parti qui n'a jamais défendu leurs valeurs, et qui pourrait "du jour au lendemain changer d'avis et supprimer les subventions".

 

Des maires frontistes font déjà parler d'eux

  • A Henin-Beaumont, la Ligue des droits de l'Homme ne pourra plus bénéficier du local qui était mis à sa disposition par la commune. Le maire Steeve Briois reproche à la LDH d'être politisée et hostile à son équipe.
  • A Villers-Cotterets, le nouveau maire Franck Briffaut ne donnera plus de subventions à la CGT et à la FCPE, jugés là aussi trop politisés. Il a également décidé de ne plus commémorer la date anniversaire de l'abolition de l'esclavage le 10 mai prochain. Villers-Cotterets est une commune de l'Aisne, ville natale d'Alexandre Dumas, fils et petits fils d'esclave.
  • Il n'y aura plus de viande halal dans les cantines scolaires, plus de menu sans porc. Une mesure souhaitée par Marie Le Pen, et relayée notamment par le maire de Béziers Robert Ménard.

 

 

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