Moi, Marcella, 40ans, prostituée, réinsérée

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 11 octobre 2013

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Moi, Marcella, 40ans, prostituée, réinsérée
Au Brésil, les travestis et les transsexuels sont rejetés, obligés de se prostituer pour vivre. La mairie de Rio veut les sauver. Elle a lancé des formations professionnelles et des accompagnements psychologiques pour les réinsérer.

 

Elodie Touchard s'est rendue au stage de réinsertion organisée par la mairie de Rio de Janeiro. Reportage en cliquant ci-dessus.

 

"J'ai très tôt appris que la place des travestis, c'était la rue." Bruna, une sculpturale blonde aux yeux azurs, se prostitue pour quelques reals. Obligée. "Nous n'avons pas notre place sur le marché du travail et on ne peut pas vivre à côté de ceux qui se disent normaux. C'est la société qui nous inculque ça." Elle ne se laissera pas faire. Après des années passées à tapiner, elle se sent enfin soutenue. "Le plus important dans ce projet, c'est que je vient d'apprendre que j'ai en moi la capacité de changer."

 

 

C"projet", c'est un accompagnement mis en place par la municipalité. Cinq mois de cours avec des professeurs, des médecins, des psychologues ou des juristes pour retrouver confiance en soi et pouvoir prétendre à un autre destin. Carlos Nevestima, le coordinateur de l'opération : "Souvent ces femmes n'ont pas fait d'études, et même lorsqu'elles ont une formation adaptée, les entreprises ne les acceptent pas."

 

Beaucoup n'ont jamais rien connu d'autre que le trottoir, comme Marcella, foutue dehors par son père à treize ans, avant d'être récupérée par un réseau mafieux qui l'a exploitée pendant un quart de siècle à travers toute l'Europe. Pour des victimes comme elle, la base, c'est une assistance sanitaire : on lui apprend comment se protéger des MST et suivre son traitement hormonal. Dans un second temps arrive le projet de réinsertion : cours de portugais ou d'informatique, et mise en relation avec les entrepreneurs.

 

Sur les vingt travestis et transsexuels de la dernière promo du projet, quatorze ont trouvé un travail. Des résultats encourageants dans un pays gangréné par l'homophobie. Selon le Grupo Gay de Bahia, l'une des principales assos LGBT, ce fléau est responsable de plus de 300 meurtres par an.

 

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