Mohammed Ali et le mirage économique espagnol

Magasin Central Samedi 23 mars 2013

Réécoute
Mohammed Ali dans une ville fantôme espagnole
Cette semaine on vous propose une émission en direct au salon du livre avec Anthony Poiraudeau pour son livre Projet El Pocero (Dans une ville fantôme de la crise espagnole) (éditions Inculte) et Alban Lefranc, qui sort une œuvre sur la jeunesse de Mohamed Ali "Le ring invisible" (Verticales/Gallimard).

 

 

Le ring invisible, d'Alban Lefranc (Verticales / Gallimard)




« Il absorbait par tous ses pores l’espace clos entre les cordes, et sa peau comme une éponge avalait le volume à grandes gorgées, dévorait les moindres détails de ce carré magique de 6 mètres sur 6 où il avait choisi de passer sa vie désormais. »

Comme chacun sait, il n’y a qu’une seule façon de passer le cap Horn : vite. Mohamed Ali a su somptueusement incarner cette vitesse face à ses adversaires sur le ring, face à l’Amérique blanche des années 60.

Mais avant de s’appeler Mohamed Ali, il a fallu que le jeune Cassius Clay surmonte ses peurs, sorte de son mutisme et s’invente un corps. Il a fallu qu’il trouve la voix qui habite pleinement ce corps.
Ce livre raconte sa genèse : Ali avant Ali.
Mohammed Ali en entretien sur la télé française en 1976. C'était avec Bernard Pivot dans l'émission "Apostrophes"...

>Projet El Pocero (Dans une ville fantôme de la crise espagnole), un livre d'Anthony Poiraudeau

El Quiñon a été construite en quelques années sur le territoire de la commune de Seseña, à environ trente- cinq kilomètres au sud de Madrid. Cet énorme ensemble d’immeubles exhibe l’évidence de son exécution rapide. Tout est également neuf. C’est la combinaison du lourd gigantisme et du sentiment de brièveté de réalisation qui stupéfie le plus, certainement, et qui donne consistance à l’image mentale d’un furieux déferlement de béton, d’un délire maçonné venant à peine moins vite qu’un raz-de-marée recouvrir le monde, inondant de plateformes, d’immeubles et de routes toute la surface des paysages, et qu’on imaginerait capable en une seule nuit d’édifier une ville au milieu de laquelle se réveilleraient, croyant avoir été téléportées ou être soudain devenues folles, quelques familles qui n’occupaient encore qu’un hameau de campagne lorsque, la veille au soir, elles éteignirent les lumières des chambres à coucher pour s’abandonner au sommeil.

Projet El Pocero est une déambulation dans cette ville fantôme, symbole parfait de la folie spéculative qui s’est emparée de l’Espagne au milieu de la première décennie 2000. Symbole également d’un capitalisme sauvage, outrancier, qui a précipité l’économie mondiale dans une chute vertigineuse.
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Le promoteur du projet  Francisco Hernando, 'El Pocero' face aux caméras de télé...



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