Massacre d'étudiants au Mexique

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 10 octobre 2014

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Massacre d'étudiants au Mexique
L'armée mexicaine a été déployée dans Iguala, deux semaines après l'enlèvement de 43 étudiants et quelques jours après qu'une fosse remplie de cadavres carbonisés a été mise au jour.

 

Il y a parfois des moments où l'actu ressemble aux plus sordides séries télévisées. Au Mexique, ça arrive un peu plus souvent qu'ailleurs. Samedi 4 octobre, les enquêteurs de la police fédérale mexicaine fouillaient les alentours d'Iguala, au sud du pays. Près d'une colline, dans une zone escarpée, difficile d'accès, ils ont découvert des fosses clandestines. "A l'intérieur, on a trouvé des restes humains", a annoncé le procureur de l'Etat de Guerrero.

 

 

Certains corps étaient démembrés. Tous ont été arrosés d'une substance inflammable avant d'être brûlés. Les identifications ADN sont en cours. Dans la région, tous se demandent s'il s'agit des étudiants de l'Ecole normale rurale d'Ayotzinapa disparus fin septembre. L'affaire sent le soufre, et écorne encore l'image de la police locale.

Le soir du 26 septembre, trois autobus d'étudiants avaient été canardés par des policiers municipaux. Les occupants venaient manifester pour réclamer des subventions. Six morts sur le coup, et des dizaines de survivants ont été embarqués de force dans des voitures. On ne les a plus revus depuis. Ils avaient tous entre 17 et 21 ans. Des membres d'un cartel de narcotrafiquants ont avoué dix-sept assassinats. Les fosses retrouvées à Iguala contenaient vingt-huit corps. Personne n'a d'explication à offrir.

 

Manifestation à Mexico, le 8 octobre, pour réclamer la vérité © Al Jazeera

 

Ce mercredi 8 octobre, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Mexico pour réclamer la vérité. "Nous sommes venus exiger justice et que nos camarades reviennent vivants", raconte un élève de la même école d'Ayotzinapa, tandis qu'une prof s'inquiète : "Le Mexique est devenu pire qu'un camp de la mort." Les manifestants ne demandent pas seulement un procès contre les policiers agresseurs, ils veulent maintenant la démission du gouverneur de l'Etat.

 

L'auteur du selfie de la mort était lui aussi Mexicain. Retour sur cet accident par ici.

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Reportage : Patrick John Buffe                    Edition : Augustin Arrivé

Photo de couverture : Cc FlickR Jeanne Menj

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