Marx : pour ou contre la prostitution ?

Façon de penser Lundi 02 décembre 2013

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Marx : pour ou contre la prostitution?
C'est le sujet de débat du moment: pour ou contre la "pénalisation" des clients ? L'éclairage d'un philosophe ne sera donc pas inutile. C'est Marx qui s'y colle !

 

Vendredi 29 novembre, les députés de l'Assemblée nationale ont donc voté le fameux article de loi relatif à la "pénalisation" du client. Alors, est-ce la bonne solution pour lutter contre la prostitution ? D'ailleurs, faut-il lutter contre la prostitution ?

On peut sans doute demander son avis à Karl Marx, féministe avant l'heure, lui qui écrivait dès 1843, dans la Sainte famille :

Le degré d'émancipation de la femme est la mesure de l'émancipation générale


 

Alors, pour ou contre la prostitution, Marx?

En fait, il n'est ni pour ni contre. En revanche, au détour d'une petite note de bas de page qu'on trouve dans les Manuscrits de 1844, il fait une remarque qui vaut son pesant de cacahuètes :

La prostitution n'est qu'une expression particulière de la prostitution générale de l'ouvrier, et, comme la prostitution est un rapport qui implique non seulement le prostitué mais aussi celui qui prostitue - et qui de ce fait est encore plus abject -, le capitaliste tombe aussi dans cette catégorie.


 

Vendredi 29 novembre aussi, on apprenait qu'une énième usine textile avait été détruite au Bangladesh. Alors, si l'on doit condamner le "client" de prostitué(e)s parce qu'il cautionne leur condition d'esclave, il faudrait aussi condamner les clients de Gap, Zara & Co. qui font fabriquer leurs vêtements au Bangladesh, non ?

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