M-santé : mon smartphone peut-il remplacer mon médecin ?

le Reportage de la Rédaction Lundi 19 mai 2014

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M-santé : mon smartphone peut-il remplacer mon médecin ?
Aujourd'hui, il y a environ 100.000 applications santé pour smartphones et tablettes dans le monde. Un marché qui atteint 1,2 milliard d'euros et qui devrait représenter dix fois plus en 2018. Une jungle d'applis qu'il est quasi-impossible de contrôler.

 

Comment bien maigrir ? Comment vivre avec le diabète ? Comment penser à prendre ses médicaments ? Difficile de s'y retrouver dans la jungle d'applications santé pour smartphones et tablettes. Il y en a aujourd'hui 100.000 dans le monde, 4.000 en France.

Marine fait partie des 7 millions de mobinautes français. Elle utilise "Boddy", une application qui lui permet de poser des questions à un médecin, qui lui répond dans un délai très court. "Ca m'évite de me déplacer chez le docteur et de payer 25€. J'ai confiance et si les symtômes persistent, j'irai consulter", confie cette Parisienne de 25 ans. Dans les conditions générales de cette application, il est effectivement mentionné que les professionnels de santé qui répondent sont tous inscrits au tableau de l'ordre des médecins.

 

L'appli "Boddy" permet de poser des questions en direct à un médecin / capture d'écran Apple

 

Mais dans le domaine de la M-santé, la santé mobile, tout n'est pas aussi sérieux. Par exemple, on peut trouver une application qui conseille un traitement à l'homéopathie quand on a eu un infarctus du myocarde ou d'avaler un paracétamol quand on est en train de faire une grossesse extra-utérine.

Le problème, c'est que le marché est quasi impossible à réguler. Chaque jour, 1% des applications santé est renouvelé. Donc en cent jours, le marché a fait sa mue totale. Et quand bien même toutes les "applis" seraient passées au crible, pas sûr que les utilisateurs en tiendraient compte. "Il y a dix ans, on a mis en place le label "H.O.N" (health on net) pour les sites internet santé. Et on s'est rendu compte que ça ne guidait absolument pas le choix des internautes", explique le docteur Jean-François Thébaut, membre du collège de la Haute autorité de santé.

Le meilleur exemple c'est Doctissimo, le site le plus visité, et qui n'avait pas la norme.


 

Plutôt qu'un label, c'est donc une note qu'ont décidé de mettre en place trois jeunes médecins. Ils ont crée la plateforme "DMDpost" pour évaluer les 501 applications françaises purement médicales. Ce sont des professionnels et des patients, tous bénévoles, qui mettent les notes. "On tient compte de l'intérêt médical, de l'ergonomie, du rapport qualité/prix. On met une note sur 20 et ceux qui ont au dessus de 16 sont recommandables", détaille Guillaume Marchand, le président de DMD. Et la plateforme marche très bien avec 80.000 visiteurs uniques par mois.

 

Sur la plateforme "DMDpost", les applications sont notées sur 20 / capture d'écran DMD

Au niveau mondial, le marché de la m-santé représente 1,2 milliard d'euros. Un chiffre qui devrait être multiplié par 10 dans les quatre années à venir.

Reportage signé Emma Sarango


 

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Photo de couverture : Cc FlickR Alan O'Rourke


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