Lisbonne #3 : le web contre la crise

Mouv'In Europe (2014-2015) Mercredi 12 août 2015

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Lisbonne # 3 : le web contre la crise
Après quatre années d'austérité, l'économie portugaise tente de se relever, notamment grâce au numérique. A la clef : de nombreuses opportunités de travail pour les jeunes européens. Rencontre avec Inès, une jeune française qui vient de décrocher son premier job à Lisbonne.

Inès est de ceux qui aiment saisir les opportunités. Voyant passer le micro de Mouv', elle nous aborde en soirée dans un club lisboète : "Vous faîtes un sujet sur Lisbonne ? Je viens de m'y installer, je bosse pour un incubateur de startups. On peut en parler si vous voulez".

Rendez-vous est pris pour le lendemain. Inès nous accueille dans un bâtiment qui ne paye pas de mine, des anciens locaux de la poste investis par Beta-I, l'incubateur de startups qui l'emploie en tant que chargée de com' et d'événementiel. 

Inès au travail © Sébastien Sabiron


En décembre 2014, jeune diplômée du CELSA, Inès se rend à un événement parisien consacré aux startups. Elle fait la connaissance de ses futurs patrons qui la convainquent de venir s'installer à Lisbonne. Elle s'y envole grâce au programme Erasmus pour jeunes entrepreneurs qui lui permet de s'essayer à son nouveau job pendant trois mois. Un vrai saut dans l'inconnu pour la jeune française de 24 ans.

Je n'avais jamais prévu de travailler là bas, je ne parle pas un mot de portugais, mais j'ai été agréablement surprise. Les Portugais sont accueillants, ils parlent très bien anglais. Et puis les conditions de vie sont incroyables : il fait beau, la plage n'est jamais très loin, la vie culturelle est passionnante et tout est bon marché.


 

L'espace coworking de Beta-I © Sébastien Sabiron


Inès découvre un Portugal totalement différent de l'idée qu'elle s'en faisait, celle d'un pays carte postale, gangréné par la crise. Elle rencontre une jeunesse dynamique et confiante en l'avenir :

Je rencontre plein de jeunes Portugais qui étaient partis travailler à l'étranger à cause de la crise et qui reviennent au pays car ils sentent qu'il y a des opportunités. On ressent une grande fierté, ils ont envie de contribuer au re-développement de leur pays. C'est un élan très positif.


 

Dans les startups, pas de chômage

Beta-I accueille et accompagne une centaine de startups portugaises et internationales. Chaque année un millier de micro-entreprises postulent pour le Lisbonne Challenge organisé par l'association. Les 25 startups retenues s'y installent pendant trois mois et bénéficient de cours et de conseils pour se développer.

Ricardo Marvao est l'un des fondateurs de Beta-I. En 2010, cet ingénieur est en poste à l'étranger. Il décide après quelques années de rentrer à Lisbonne pour créer cet accélérateur de startups.

On est rentrés au pire de la crise. Dans le numérique, il n'y avait rien. Cinq ans plus tard, tout est en train de changer. Ces derniers mois, cinq de nos startups ont levé 15 à 20 millions d'euros chacune. Depuis le début de l'année c'est plus de 200 millions d'euros d'investissements étrangers qui sont entrés au Portugal. [...] En Europe, on a un problème de chômage. Mais dans les startups, il n'y a pas de chômage.


 

Ricardo , l'un des boss de Beta-I © Sébastien Sabiron


Inès encourage d'ailleurs les jeunes français à sauter le pas. Si vous avez envie d'Europe, c'est le moment de tenter le coup. Et si vous êtes tentés par Lisbonne, les derniers arguments d'Inès devraient achever de vous convaincre :

Ici, on peut se loger facilement pour 300 euros. Les restos ne sont pas chers, les transports non plus. Et si vous aimez sortir, pas de problème : il y a des concerts tout le temps et les Portugais sont très cools sur les horaires.


 

 


Reportage, photos : Sébastien Sabiron 
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