Libérés lundi !

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 24 octobre 2014

Réécoute
Deux journalistes français sur la sellette en Indonésie
Valentine Bourrat et Thomas Dandois seront libres lundi 27 octobre après presque deux mois et demi de détention dans le centre d’immigration de Japyapura, la capitale de la province de Papouasie en Indonésie. Une longue attente pour les deux journalistes venus enquêter pour Arte sur un mouvement séparatiste papou. Le parquet avait requis quatre mois d'emprisonnement.

 

A-t-on le droit d'informer en Indonésie ? Valentine Bourrat (29 ans) et Thomas Dandois (40 ans) ont parié que c'était possible. Ils ont voulu alerter la planète sur le conflit qui oppose depuis des décennies le pouvoir indonésien à la rébellion séparatiste papou. Lorsqu'ils entrent en Papouasie le 6 août, cinq séparatistes et deux policiers venaient d'être abattus par des militaires.

Les deux employés français de la chaîne Arte ont voulu couvrir ces affrontements. Ils se sont contentés pour ça d'un visa de tourisme, persuadés que le gouvernement ne leur aurait de toutes façons jamais accordé le visa de journalisme dont ils avaient besoin. A la barre, une responsable du ministère indonésien des Affaires étrangères a expliqué que l'autorisation nécessaire réclamait un examen par dix-huit institutions publiques différentes.

 

L'ouverture du procès de Thomas Dandois et Valentine Bourrat, lundi 20 octobre © AFP, 2014

 

Ils sont donc entrés en Papouasie sans autorisation de tournage, ils ont été interpelés à leur hôtel en compagnie de séparatistes, et voilà près de trois mois qu'ils sont détenus dans les locaux des services de l'immigration, à Jayapura, la capitale de la région. Human Rights Watch a toujours réclamé leur libération. L'ONG dénonce la volonté gouvernementale de passer sous silence les violences qui agitent la zone.

La Papouasie occidentale, maintenue sous autorité indonésienne, espère obtenir l'indépendance à laquelle sa voisine, la Papouasie Nouvelle-Guinée, a pu accéder en 1975. En arrêtant ces deux journalistes, la police a déclenché un puissant effet Streisand, mettant en lumière le malaise dans le pays.

Les deux journalistes ont été condamnés vendredi à deux mois et demi de prison mais seront libérés lundi. La peine couvre leur détention provisoire.

 

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Photo de couverture : portraits des deux journalistes transmis à la presse (DR)

Reportage : Cléa Broadhurst                    Edition : Augustin Arrivé

 

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