Les startups grecques contre la crise

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 17 mars 2014

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Les startups grecques contre la crise
Alors que 11 500 licenciements sont prévus dans le secteur public cette année en Grèce, certains ont choisi une autre voie. La génération 3.0 se tourne vers les startups, ces petites entreprises du secteur des nouvelles technologies.

Dans le grand hall d'entrée, les écrans sont presque plus nombreux que les gens. Bienvenue au Cube d'Athènes, une pépinière d'entreprises qui accueille un séminaire de préparation à un tournoi de startups. Pour l'instant, le grand bâtiment héberge une vingtaine de jeunes entreprises dans 1 700 m2 carrés de bureaux, salles de réunions et open space.

Le Cube, ou poussent les jeunes pousses © Charlotte Stiévenard

Ski Greece au premier étage, a débuté ici il y a un an. C'est une application qui permet de partager ses expériences sur les pistes de ski. Marios Papanikolopoulos et Charles Karamolegkos l'ont créé alors qu'ils étaient encore étudiants. Au Cube, ils peuvent profiter des conseils de leurs mentors, des entrepreneurs plus expérimentés. Ici, Marios Papanikolopoulos ne ressent pas la crise :  

J'ai les bonnes personnes autour de moi, les bons conseillers, le bon public. J'ai juste l'impression qu'il nous manque encore la bonne façon de communiquer. L'entrepreneuriat, les nouvelles idées, les startups, c'est une nouvelle façon de travailler ensemble. C'est pour ça que je suis là. 


De gauche à droite : Marios Papanikolopoulos et Charles Karamolegkos © Charlotte Stiévenard

Quatre étages plus haut travaille un entrepreneur plus expérimenté. Nikos Anagnostou est le créateur de Discoveroom, une application qui permet de comparer les prix des chambres d'hôtes. La cinquantaine passée, Nikos Anagnostou en est à sa cinquième entreprise. Selon lui, créer une start-up est aujourd'hui plus facile qu'il y a dix ans :

C'est comme Open Fund, la petite société d'investissement en capital risque qui se trouve dans le bureau d'à côté. Elle soutient les startups. Ce type de fonds n'existait pas il y a quelques années. Mais la chose la plus importante c'est que la mentalité des gens a changé. Ils veulent essayer de nouvelles choses et surtout qui ne sont pas limitées au territoire de la Grèce, au passé grec.


Nikos Anagnostou (au second plan) et l'équipe de Discoveroom © Charlotte Stiévenard
  

Quelques 600 personnes travaillent dans le secteur des startups en Grèce. Selon le Jeremy Open Fund II, un des quatre principaux investisseurs dans ce domaine, il n'y a jamais eu autant d'argent disponible : 57 millions d'Euros répartis entre les fonds privés et publics.

La somme est conséquente par rapport aux onze millions d'habitants en Grèce, mais quand une entreprise veut passer à la vitesse supérieure, il faut viser l'international, explique Georgios Kasselakis, un des cofondateurs de ce fonds d'investissement : 

C'est naturel, car on crée des entreprises qui vendent des produits. Un marché de dix millions d'habitants en détresse, ce n'est pas vraiment un bon marché, donc dès le début, on essaye de vendre à l'étranger, par internet, par tous les canaux. A terme, s'installer sur des marchés en dehors de la Grèce, comme aux USA ou en Europe centrale, est nécessaire. 


Georgios Kasselakis © Charlotte Stiévenard
  

Quelques startups ont adopté cette stratégie avec succès. Taxibeat, par exemple, est une application qui permet de choisir son taxi avec un système d'évaluation de chaque conducteur. Lancée en Grèce, on la retrouve aujourd'hui à Paris et à Sao Paulo au Brésil.

A Athènes, ils sont de plus en plus à promouvoir l'esprit d'entreprise. En plus du Cube, sept autres lieux accueillent les jeunes entrepreneurs. Selon Stavros Messinis, un des co-fondateurs du Cube, c'est la crise qui a fait changer les mentalités : « La crise a aidé les gens à faire remonter leur instinct de survie à la surface. Ca rend les gens plus imaginatifs, ça les fait travailler plus dur, ça les pousse à réussir plus vite. »

Le Cube en plein séminaire © Charlotte Stiévenard
  

L'administration grecque semble avoir compris cette évolution. On peut maintenant créer son entreprise en une semaine, contre trois mois avant la crise.

Reportage pour le Mouv' signé Charlotte Stiévenard

 


 

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