Les réseaux antisociaux ne sont pas asociaux

le Reportage de la Rédaction Mercredi 23 avril 2014

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Les réseaux antisociaux ne sont pas asociaux
C'est le concept qui bruisse ces temps-ci dans le vacarme de l'Internet : l'avènement des réseaux antisociaux. Ils s'appellent Cloak, Secret ou Whisper et affichent déjà des dizaines de milliers d'utilisateurs. Car antisocial ne veut pas dire asocial.

 

Loin de nous l'idée d'affirmer que le temps du nombrilisme-roi soit derrière nous. Les selfies pullulent toujours jusqu'à donner, même si ce n'est pas si simple, des envies de suicide. Et chacun guette le like sur l'une ou l'autre des plate-formes à photos de chats. Néanmoins, la résistance s'organise. Elle prend la forme de réseaux supposément "antisociaux", mais qui restent, pour la plupart, des sites de partages, tout sauf asociaux.

Anonymes mais publics

Si Whisper (lancé en 2012) ou Secret (créée en janvier et dont on attend l'arrivée en France) s'opposent à Facebook et Twitter, c'est qu'ils ne sacralisent plus l'individu mais prétendent se focaliser sur le message. Sur ces nouvelles applications, tout est anonyme, vous ne pourrez donc plus frimer avec un bon mot. Le premier ressemble à un Tumblr où chacun livre ses punchlines à l'humanité interloquée. Le second se contente de vous fournir en vrac les posts de tous vos amis, à vous de deviner lequel d'entre eux s'exprime.

 

Exemple d'un post anonyme sur Whisper et des commentaires anonymes qu'il suscite

 

On ne peut pas vraiment parler d'asocialité, puisqu'il s'agit bien là d'un échange d'informations ou, a minima, d'idées. Un réseau s'organise, il met en relation des individus. Simplement vous ne savez pas de qui il s'agit. L'adjectif "antisocial", lui, est légitime du fait des probables dérives de la pratique : l'anonymat est l'arme préférée des trolls, et vous tomberez, à n'en pas douter, sur quantité de posts que la morale réprouve. Les haters peuvent y gambader gaiement.

"Je suis une femme et j'ai une belle carrière professionnelle, mais je fantasme sur le fait d'être femme au foyer. Et cela me fait me sentir coupable, comme si je mettais derrière moi des siècles de mouvement de libération de la femme". Secret ou l'art de se confesser "ni vu ni connu" ©Cole Camplese

 

Leave me alone

L'autre révolution, c'est l'avènement des applis de géolocalisation qui vous permettent d'éviter certaines personnes. Votre ex, un ami collant, un collègue. Peu importe. Cloak a débarqué le mois dernier et revendique 100.000 utilisateurs enregistrés dès la première semaine. Avant lui, Hell is other People et Split ont flairé la brèche. Cloak s'appuie sur les données de vos comptes Instagram et Foursquare. Il faut donc que vous et vos potentiels ennemis soit inscrits sur ces réseaux. Premier écueil de taille.

Damien Douani gère Fa Da, une agence-conseil en mutations digitales à Paris. Il a testé Cloak.

 

Facebook ne souhaite pas partager ses informations de localisation géographique. Il vient de lancer une fonctionnalité baptisée "Nearby Friends". Vous recevez une notification quand un ami approche. En théorie, ça n'est pas pour vous pister, non, non. Facebook précise qu'il s'agit bien d'une option.

 


 

Reportage et mise en page : Bénédicte Dupont & Augustin Arrivé

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