Les nouveaux do-it-yourself biologiques

le Reportage de la Rédaction Mardi 29 octobre 2013

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Les nouveaux do-it-yourself biologiques
Ca s'appelle un bio-hackerspace, un laboratoire d'études biologiques participatives. Cette nouvelle évolution du phénomène do-it-yourself est arrivée en France. Reportage à La Paillasse, premier labo communautaire de région parisienne.

 

Judith Chetrit est constituée d'eau, de carbone et en moindre mesure d'azote, de phosphore, de calcium et de potassium. Mélangez-bien et vous obtenez le reportage ci-dessus.

 

Une paillasse, voilà un mot chargé de souvenirs pour de nombreux bacheliers. Des TP de chimie à rallonge, pendant lesquels on distillait de l'essence de lavande, on séparait les ingrédients d'un cachet d'aspirine via une chromatographie sur couche mince, on calculait le pH de mille solutions aqueuses.

 

 

La Paillasse, désormais, c'est le rendez-vous des nostalgiques de ces moments-là, le premier bio-hackerspace de France, une initiative citoyenne pour sortir la recherche scientifique des labos privés. "Les chercheurs dans les labos traditionnels sont trop tournés sur eux-mêmes et ont souvent les mêmes compétences", précise Thomas Landrain, doctorant en biologie et co-fondateur des lieux. Comme dans toute expérience de do-it-yourself, il s'agit de susciter une émulation créative en échangeant les savoirs.

 

Installée l'an dernier dans un squat de 20m² à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne), la Paillasse est équipée avec des instruments de récup', 200.000€ de matos pour tout tester, produits alimentaires ou de santé par exemple, et tenter de faire avancer la recherche. Seule limite, dixit Thomas Landrain, ce qui est interdit par la loi ou l'éthique : "on refuse les expériences sur les animaux ou sur les tissus et les fluides humains."

 

"J'étais étonné de voir beaucoup d'artistes, qui ne sont pas liés à la biologie", explique Cyprien, doctorant en biologie synthétique, au moment de sa première visite. "Mais en réalité, c'est justement le but : chacun peut, s'il a de l'imagination et du talent, monter des projets de biologie." A vous de rejoindre l'aventure.

 

On a déjà parlé du mouvement do-it-yourself. Amaëlle Guiton s'était même rendu au championnat d'Europe du genre, la grande maker-faire de Rome. C'était ici.

 

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