Les monnaies virtuelles au service du porno

L'actualité numérique Mercredi 05 mars 2014

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Les monnaies virtuelles au service de la pornographie
L'émergence des monnaies électroniques, dans le sillon de Bitcoin, n'est pas que de la poudre aux yeux. Elles sont notamment de plus en plus convoitées par l'industrie du porno en ligne.

 

Depuis que le bitcoin flambe comme un Qatari sur les Champs-Élysées, les monnaies électroniques sont passées du rang de concept abstrait à celui de valeur refuge. Chaque unité de bitcoin vaut aujourd'hui près de 800 dollars pièce. À tel point que cette réalité délirante charrie désormais un lot d'histoires qui le sont tout autant.

L'an passé, il y avait eu l'aventure incroyable de ce Danois qui avait pu se payer cash un appartement à Copenhague grâce à des bitcoins achetées pour une vingtaine d'euros, il y a quelques années, oubliés sur un vieux disque dur, et qui valaient aujourd'hui plusieurs centaines de milliers d'euros. Dans le même genre, il y avait eu aussi le cas d'un Britannique qui s'était rappelé au moment du boom qu'il avait lui aussi un disque dur blindé de la petite monnaie. 7 500 bitcoins dessus. Soit tout simplement l'équivalent de cinq millions d'euros. Et comme un idiot, il s'était rendu compte qu'il avait bazardé le machin à l'occasion d'une ménage-party, entraînant le désarroi qu'on imagine bien.

Chercheur d'or

Résultat, on trouve une multitude de ses monnaies virtuelles qui ont essaimé par dizaine. Dans l'absolu, le fonctionnement est toujours le même. L'émission de l'argent est générée par un algorithme qui repose sur la capacité d'utilisateurs, tel des chercheurs d'or, à "miner" la crypto-monnaie.

Sauf qu'au lieu descendre dans un trou noir et de fatiguer ses petits bras, on met la puissance de calcul de son ordinateur à disposition d'un réseau peer to peer et en échange, on reçoit des deniers. Enfin, à peu près disons.

Le bitcoin, jusque sur la lune


Et évidemment, chaque système de monnaie virtuelle n'est pas infini. Il repose sur un principe de rareté progressive. Cela fait que plus on avance dans le temps, et plus il faut miner longtemps pour la même somme qu'au départ.  Résultat, le moyen de devenir riche consiste soit être là au début, soit à disposer d'un arsenal de machines impressionnantes.

L'année dernière, Bitcoin avait notamment explosé parce que la monnaie était devenue le moyen-phare pour se payer sa drogue incognito sur The Silk Road. Et c'est exactement pour la même raison que les sites pornos y voient un grand intérêt. Plutôt que de se faire pécho par Mamie qui va tilter sur le relevé de compte, à la ligne « dialogue hot avec Samantha » ou « Achat Vidéo Les petites miches délicieuse de la Nadine la boulangère coquine », la monnaie virtuelle vous permet de dissimuler votre achat.

Pas vu pas pris.

Nouveaux usages

Et en conséquence, une tendance en la matière se dessine dans l'industrie du porno. Certaines actrices rendent possible l'achat d'un show privé en webcam ou de leurs vidéos via des systèmes similaire. 

Porn.com, qui pour rappel fut l'un des domaine les plus chers dans l'histoire du Web (revendu pour 9,5 millions de dollars en 2007), accepte désormais les bitcoins comme moyens de paiement depuis décembre 2013.

Et cette affaire envoie un signe fort. Pour s'astiquer sans laisser de trace, il ne va plus seulement falloir de bons mouchoirs. Il faudra aussi avoir un doctorat en finance. Mais manifestement, ça ne marche pas si mal. Après deux mois, 10% des transactions sur le site se font déjà via bitcoin.

Pas mal.

 

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Crédits photos : Flickr





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