Les limites de l'intégration à la suédoise

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 11 mars 2014

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Les limites de l'intégration à la suédoise
L'an dernier, les émeutes de banlieue à Stockholm avait déjà pointé du doigt les limites criantes de l'intégration à la suédoise. Un modèle pourtant vanté en Europe. En réalité, le pays a bien du mal à intégrer ses minorités.

 

Le 13 mai 2013, après une bavure de la police et la mort d’un habitant du quartier Husby, au nord de Stockholm, les banlieues s’embrasent durant cinq longs jours. Les Suédois découvrent alors avec surprise le malaise profond qui anime les habitants des quartiers.

 

Le quartier populaire Rinkeby, de Stockholm / Cc FlickR Vargklo

 

La Suède, cosmopolite, terre d’asile réputée, était pourtant érigée en modèle pour sa politique d’immigration généreuse. Le royaume scandinave accueille près de 45.000 réfugiés chaque année. C’est d’ailleurs le seul pays de l’Union européenne à accorder un permis de résidence permanent à tous les Syriens présents sur son sol.

Aujourd’hui, près de 15% de la population suédoise est née hors des frontières. Mais certaines associations d’insertion comme la Croix Rouge, regrettent que cette politique d’immigration ne s’accompagne pas d’une réelle politique d’intégration.

 

L'une des places du quartier Rinkeby de Stockholm / Cc FlickR Vargklo

 

A Stockholm, la plupart des étrangers sont parqués dans des cités-ghettos, à Husby ou Rinkeby, le long de la ligne de métro bleu, surnommée « l’orient express ». 98% des habitants de ces barres d’immeubles des années '70 sont d’origine étrangère. Pour Harameh Moussey, somalien qui vit à Rinkeby depuis 12 ans, la ségrégation est un réel problème :

 

Vous ne verrez pas un seul Suédois de souche ici, même si vous restez plusieurs jours ! Il y a des jeunes ici qui n’ont jamais eu d’amis suédois, et qui ne sont même jamais allés à l’école avec un Suédois. Il y a des gens de partout ici mais aucun Suédois…


 

Les Quartiers Rinkeby et Husby ont fait la une de l’actualité l’été dernier, lorsque des émeutes ont éclaté. Depuis rien n'a changé et le chômage dans les quartiers nord est à présent trois fois plus élevé qu’a Stockholm intra-muros. Le nombre de jeunes de 20 à 25 ans qui ne travaillent pas ou n'étudient pas à Stockholm est de 16% environ, et de près de 30% à Husby ou Rinkeby.

Lors des émeutes de banlieue, l’extrême droite a aussitôt dénoncé la politique d’immigration. La question de l’immigration sera l’un des principaux thèmes de campagne lors des élections européennes en mai puis des législatives en septembre. Le parti démocrate, d’extrême droite, favorable à une baisse drastique de l’immigration est en progression constante dans les sondages. Après avoir fait son entrée au parlement en 2010. Il atteint aujourd’hui 9% de popularité et fait jeu égal avec les écologistes.

 

Bientôt, il n'y aura plus d'argent en Suède. Enfin du moins, plus d'argent liquide. Explications ici.

Connaissez-vous le snus ? C'est Suédois, et ça se chique. Pas chic. Cliquez là.


Photo de couverture : Cc FlickR Vargklo

Reportage : Katia Bitsch

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