Les "govers" tunisiens s'emparent du débat public

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 06 novembre 2014

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Les "govers" tunisiens s'emparent du débat public
Après des élections législatives et avant la présidentielle du 23 novembre, la jeunesse tunisienne a trouvé un lieu où échanger et débattre. Lancée le 23 octobre, "GOV Tunisie" est un appli Facebook qui permettant à chacun d'interpeller les politiques sur les grands sujets de société.

Au lendemain des législatives tunisiennes, le constat est en demi-tente. Un peu plus de 61% des tunisiens sont allés voter. C'est pas mal, mais c'est tout de même près de 38% d'abstention. Symbole de la désillusion d'une partie de la population, près de quatre ans après la chute de Ben Ali.

En 2011, Wala Kasmi, jeune ingénieure tunisienne crée Youth Decides, un espace collaboratif destiné à mobiliser les jeunes autour de la culture, de l'emploi et de la citoyenneté. Inquiète de voir la jeunesse sous représentée parmi les figures politiques émergentes (au profit parfois de caciques du régime Ben Ali et Bourguiba) elle lance GOV Tunisie le 23 octobre dernier.

Wala Kasmi / Photo Facebook


Conçue comme un "baromètre de l'opinion consacré aux élections présidentielles", cette appli Facebook disponible sur iOS et Android permet aux participants d'interpeller directement les personnalités politiques sur différents sujets de société. Après avoir choisi un thème, il s'agit de poser une question courte. Les "GOVs" sont ensuite classés et mis en avant suivant l’intérêt qu'ils suscitent chez les internautes.

Les politiques et les GOVs du moment / Capture d'écran


Cette expérience de démocratie participative a immédiatement trouvé son public. En quatre jours, près de 10.000 opinions ont été postées, plus de 100.000 après seulement deux semaines d'existence. Wala Kasmi explique qu'elle souhaite faire de GOV Tunisie "la voix des sans voix". Selon elle, les deux tiers des utilisateurs ont entre 18 et 34 ans. Une jeunesse qui "la rend heureuse" et qu'elle espère voir voter en masse le 23 novembre prochain.

Reportage de Camille Lafrance / Edition : Sébastien Sabiron.


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