"Les Gardiens de la Galaxie", le pari réussi de Marvel

le Reportage de la Rédaction Mercredi 13 août 2014

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"Les gardiens de la galaxie", le pari réussi de Marvel
En offrant à des super-héros de comics de second plan une adaptation ciné à gros budget, les studios Marvel ont pris un risque considérable. Un pari déjà gagné avant même la sortie du film en France.

 

Ils sont cinq extraterrestres et ils doivent sauver la Terre. Le pitch des Gardiens de la Galaxie semble, a priori, d'un classicisme effarant. Mais sans doute la Marvel connaît l'adage associant les vieux pots et les meilleures soupes. A cette recette centenaire, les studios ont ajouté une belle pincée de sel en la personne de James Gunn, réalisateur venu des séries Z trashouilles (Tromeo & Juliet).

L'homme s'est emparé avec un plaisir visible de cette bande de bras cassés, bandits aliens incapables de se blairer, et il leur a apporté son irrévérence. Pour Alexandre Hervaud, journaliste au Mouv' : "On sent clairement que ce n'est pas le film d'un yes-man docile et inodore. Il y a un petit côté fuck-you qu'on ne trouvait pas trop jusque là dans l'univers Marvel."

 

Bande-annonce des "Gardiens de la Galaxie", de James Gunn © Marvel, Walt Disney, 2014

 

La Marvel a donc fait ce pari : confier 170 millions de dollars à un réalisateur méconnu pour adapter une série inconnue et accepter que les seules vraies stars du casting soient transformées en arbre qui parle et en raton-laveur en images de synthèse. "Ca n'a jamais été la plus grosse série de Marvel", reconnaît Aurélien Vivès, de Panini Comics, l'éditeur qui publie cet été les BD d'origine en français.

"La série initiale n'était même pas leur série, ils se contentaient de faire des apparitions dans les séries des autres, comme Defenders." D'ailleurs, sans le coup de projecteur que représente cette sortie ciné, ces comics n'auraient probablement jamais été édités en France. Merci donc à Hollywood, qui nous permet de nous plonger dans deux albums précieux : la version 2008 des Gardiens, qui a inspiré le film, et une compilation de ces premières apparitions vintage sous le titre L'Intégrale 1969-1977.

 

Extrait des "Gardiens de la Galaxie - Héritage", de D. Abnett, A. Lanning, P. Pelletier © Panini Comics

 

L'humour qui fait la réussite du long-métrage y est déjà présent, "un équilibre bien trouvé, qui ne tombe pas dans la parodie", explique Aurélien Vivès. "Rocket Racoon [le raton-laveur], on ne rit pas de lui, on rit avec lui parce que c'est un personnage assez cool, en fin de compte."

Cool et délicieusement trognon. Sa bouille poilue fera fondre les enfants. Le fabricant de jouets Hasbro l'a bien compris, décidant de sortir dans la foulée un lot de figurines à l'effigie de ces anti-héros, ainsi que quelques répliques de leurs flingues en plastique. "Les enfants viennent en général directement après le cinéma", témoigne Maxime, chef d'équipe d'un magasin de jouets parisien. "C'est une valeur sûre de sortir les jeux en même temps que le film."

 

Les figurines des "Gardiens de la Galaxie", inspirées du film © Hasbro, 2014

 

Deux semaines après leur sortie américaine, les Gardiens ont déjà remboursé deux fois leur budget. Et même si un autre blockbuster (Tortues Ninja) leur a chipé désormais la première place du box-office, le pari est déjà gagné. "Je suis certain que le film amènera des milliers de lecteurs à se pencher sur la version BD", assure Alexandre Hervaud, lui-même accro pour l'éternité.

 

Les premières images du film Les Gardiens de la Galaxie, c'était par là.

Le meilleur des comics, c'est dans Comix Attax avec Thomas Rozec. Et c'est par ici.

 



 

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Reportage : Augustin Arrivé

Photo de couverture : affiche des Gardiens de la Galaxie, de James Gunn © Marvel, Walt Disney, 2014

 

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