Les développeurs sont trop défoncés, le FBI ne peut pas recruter

L'actualité numérique Mardi 27 mai 2014

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Les développeurs sont trop défoncés, le FBI ne peut pas recruter
La célèbre agence de renseignements américaine est en crise: elle a les plus grandes peines à embaucher des petits génies du code pour grossir ses rangs dédiés à la cyber-sécurité. Pourquoi? A cause de la drogue, à en croire le patron du FBI...

 

L'heure est grave. Le FBI, certainement la plus célèbre agence de renseignement américaine pour nous, fans de Mulder et Scully devant l’éternel, n’arrive pas à recruter.

 

Plus précisément, l'agence n’arrive pas à trouver des développeurs, des techies, bref des petits malins qui maîtrisent le code informatique comme personne.

La FBI a du cyber-boulot

Et pourtant, il y a du boulot au FBI. Ou plus précisément du cyber-boulot hein, si l’on en croit la page “cyber-carrière” de son site Internet, qui propose de postuler à une dizaine de cyber-postes. Le tout, pour quoi faire ? Pour, évidemment, “enquêter sur les menaces informatiques les plus sophistiquées au monde”. Et découvrir pourquoi “plus que jamais, une cyber-carrière au FBI est faite pour nous”.

Bref, l'agence en fait des tonnes. Et pourtant, ça ne marche pas.

Ingénieurs informaticiens, tous drogués ?

C’est peut-être lié au fait que cette page cyber-carrière est incroyablement… moche et grotesque, avec ses silhouettes tapies dans l’ombre sur lesquelles s’affichent de gros 0 et 1 verts fluo. Peut-être qu’un cliché aussi gros fait un peu peur aux développeurs...

 

Mais en réalité, c’est une autre raison qu’avance le big boss du FBI, un certain James Comey.

Selon lui, si son agence est à court de cyber-espions, c’est à cause… de la drogue. Comprenez par là que les techos sont tellement accro à la fumette que le FBI peut pas les recruter. Et c'est dommage, quand on sait le règlement de l'agence interdit à quiconque ayant consommé du cannabis dans les trois dernières années de rejoindre les troupes de l’agence.

Si dit comme ça, ça sonne comme une blague, visiblement cela n'en est une qu’à moitié, puisque le directeur du FBI a quand même laissé entendre du bout du lèvres qu’il était en train de réfléchir à un assouplissement de ce règlement, tant le problème se pose. Il a dû rétropédaler entre temps, accusé qu’il était par des sénateurs de faire la promotion de la marijuana, mais il n'a pas pour autant nié l’existence même de ce problème.

Un gros cliché ?

C’est vrai que l’image du développeur affalé devant son ordi, qui porte un tee-shirt avec des blagues en html, et qui alterne pizzas et gros pétards, ça sonne un peu caricatural. Évidemment, les développeurs ne sont pas tous de gros drogués à l'hygiène de vie douteuse.

Mais ce qui est sûr, c’est que cette image est très répandue, en particulier dans les représentations culturelles qui sont faites de ces génies du code.

Il n'y a qu’à voir Silicon Valley, la toute récente série de HBO, très bien reçue dans la communauté d’ailleurs et dont les protagonistes consomment tout un tas de drogues. Ça va du cannabis aux médocs pour coder toute la nuit, en passant par des champignons hallucinogènes censés permettre de trouver le BON nom pour une start-up:

 

Mais au-delà de la blague et de la drogue donc, cette histoire du FBI bien embêté face aux usages de ceux dont ils besoin pour assurer cette cybersécurité, cette cyberdéfense dont les Etats n’arrêtent pas de parler aujourd’hui, prouve avant tout un énorme décalage de codes et de cultures.

>> Lire: "Obama part en cyber-guerre"

S’ils veulent des développeurs, s’ils veulent des hackers, le FBI, et les administrations en général devront se frotter à d’autres habitudes que le costume-cravate et le respect absolu des règles. Car hacker un objet, c’est bien faire de lui autre chose que ce à quoi il était destiné. Sortir des clous, en somme.

Le FBI, comme le ministère de la Défense ou la NSA, tentent depuis quelques temps de se conformer à cet anti-conformisme, en se pointant par exemple à des rassemblements de hackers tels que le célèbre Def Con. Mais la sauce ne prend pas, ni du côté des agents qui semblent plus déterminer à arrêter l'esprit hacker, ni du côté de ces derniers, qui ont parfois du mal à avaler les coups de pouce en provenance de l'administration américaine. Et les révélations Snowden n'ont pas vraiment arrangé les choses: l'an passé, les "Feds" jusque là autorisés à assister au Def Con, et même à y faire des interventions, ont été désignés comme persona non grata... Ce qui va pas aider dans leur recrutement.

Andréa Fradin | @Fradifrad

 


 

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Illustration CC FlickR :


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