Les dessous du share

le Reportage de la Rédaction Mardi 11 mars 2014

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Les dessous du share
Qu'on l'appelle économie positive, collaborative, sociale ou encore share, l'économie dite du partage ne connait pas la crise, un Français sur deux la pratique. Co voiturage, co workling, co hebergement, co cooking tous les aspects de votre vie quotidienne y passent et le "share" est devenu un vrai business.

 

Tout était pourtant parti de ce bon sentiment: internet allait pouvoir permettre plus de solidarité entre les citoyens. Vous n'aviez de machine à laver? Votre voisin vous ouvrait sa porte. Pas de voiture? Votre voisin vous la prêtait. Rien à manger? Une autre porte s'ouvrait pour vous faire profiter de bons petits plats faits maison. Vision pastelle, musique guimauve, un simple clic et le monde s'engoufrait dans l'amour du prochain, le partage, l'entraide.

Et puis finalement non. Les précurseurs ont certes caressé (rapidement) l'idée de rester des associations, pour ne pas perdre leur âme, avant de voir combien cette nouvelle économie pouvait rapporter gros. Même chose du côté des utilisateurs, la consommation instantanée et l'appât du petit profit au noir ont été les plus forts. L'économie du share est donc devenu celle de l'usage, du profit, du marketting féroce où tout est bon pour parler d'une marque, même ouvrir ses sanitaires pour attirer le futur client.

 

grande campagne de communication pour le leader mondial du co-hebergement., par Cécile De Kervasdoué

 

Une révolution ? Les pouvoirs publics et les grandes entreprises traditionnelles ne suivent pas forcement ce mouvement et s'inquiètent. Les hotelliers, les taxis, les loueurs de voitures crient à la concurence déloyale quand la SNCF décide de créer son propre site de covoiturage, afin de concurencer le numéro un du secteur qui la prive de 2000 TGV pleins par mois.

Certains fustigent aussi la dérive ultra libérale de ce secteur aujourd'hui largement subventionné par l'Etat; et attendent surtout des pouvoirs publics qu'ils imposent des règles là où 5 à 10% des profits se font au noir. En attendant comme l'explique l'un des précurseurs de l'auto-partage Nicolas Le Douarec "les consommateurs sont aujourd'hui devenus aussi des vendeurs et des producteurs, ce sont des agents économique complexes de moins en moins protégés. Et c'est la vrai question est ce que cette libéralisation de l'économie qu'a permis internet n'est pas aussi une précarisation de la toute la société?"

 

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Photo de couverture : Cc FlickR Motorblog

Reportage : Cécile de Kervasdoué

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