Les demi-dieux de Bollywood

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 20 janvier 2014

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Les demi-dieux de Bollywood
En 2013, le cinéma indien a fêté ses 100 ans. Dans le pays, les acteurs sont enviés, adulés, considérés comme des demi-dieux. Mais la relation si particulière qui lie les fans indiens à leurs idoles est en train de changer.

Les collines d'Hollywood ont leurs "celebrity tours", ces mini-bus bondés de touristes qui photographient faute de mieux les clôtures et les portails des maisons de star. A Bombay, le quartier de Bandra subit à peu près le même sort. Tous les dimanches, des milliers de fans s'y regroupent dans l'espoir d'apercevoir l'une de leurs idoles. 

C'est ici que vit Shahrukh Khan, mégastar de Bollywood depuis les années 90. Surnommé "King Khan", ce beau brun ténébreux a exploré tous les registres du cinéma indien : action, drame, films à thèse, comédies romantiques. Les occidentaux l'ont découvert dans Devdas, sélectionné à Cannes en 2002.


Shahrukh Khan nourrit un véritable culte chez ses fans. Les femmes l'adorent, les hommes le jalousent où s'identifient à lui. Sahil a fait 2000 km entre Calcutta et Bombay pour venir faire le pied de grue devant "Mannat", l'imposant bungalow de la star.

Sharukh, ce n'est pas qu'un personnage. C'est un homme complet, vraiment un homme bon. pour moi il est sur un piédestal, aussi haut qu'un dieu. Il est humain donc on ne peut vraiment pas le comparer à un dieu, mais il se trouve au même niveau qu'eux. Il est béni.


Shahrukh Khan, demi-dieu © Starok.com

Mais au sein du panthéon bollywoodien, les dieux ont de la concurrence. Salman Khan vit juste à côté de Shahrukh Khan. Lui est un gros dur, abonné aux films d'actions, un genre de Schwarzenegger indien. Sanchi vient tous les dimanches pour tenter d'approcher son idole. Peine perdue.
 
Je sais qu'il est pas là aujourd'hui, mais c'est pas grave. Pour le voir, je vais à chacun de ses films à trois séances de suite le jour de leur sortie. Mais ici, je viens rendre hommage à l'homme qui a réussi. J'espère ainsi que je serai béni et que je pourrai réussir comme lui dans la vie.

Salman Kahn, faut pas le chercher © Plancess Lounge
  

Ce fanatisme est engendré par la différence abyssale de niveau de vie entre des stars comme Shahrukh khan qui gagnent 23 millions d'euros par an et leurs admirateurs qui vivent avec à peine 3 euros par jour. Mais à mesure que la société indienne évolue, les fans reviennent à des comportements plus mesurés, comme le constate la jeune actrice Shruti Hassan.   

"Shahrukh Khan et les autres grandes stars appartiennent à une catégorie à part et très réduite. Ce sont des géants qui sont là depuis longtemps, et les fans les idéalisent. Mais les acteurs de la nouvelle génération comme moi doivent construire leur célébrité de manière beaucoup plus réaliste. Car les fans d'aujourd'hui vous suivent sur Twitter, ils veulent connaître votre vie et plus seulement l'illusion d'un personnage."

Shruti Hassan, CC Flickr, Earth Hour Global

Et s'il vous venait l'envie de suivre Shurti Hassan sur Twitter, c'est par ici.

Reportage signé Sébastien Farcis, correspondant du Mouv' à Bombay.
    


Illustration de couverture : CC Flickr par Rick Chung


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