Les cinéastes, ces gros sadiques

L'actualité numérique Mercredi 31 juillet 2013

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Les cinéastes, ces gros sadiques
Ils détruisent le monde, font vivre les pires atrocités à leurs héros, et se barrent. La plupart des réalisateurs n'ont pas grand chose à faire du sort de leurs personnages, qu'ils abandonnent dans une merde noire une fois le film terminé. Prions pour qu'ils ne sortent jamais de l'écran pour se venger.

 

Ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants


 

Il y a bien longtemps, quand un film se terminait après une histoire trépidante faite de passion amoureuse, de dragons ou de nains chanteurs (biffez la mention inutile), le futur des personnages qui venaient de nous faire vibrer était assuré. Tranquille. Peu ou prou, la mention d'usage nous assurait qu'ils vivraient longtemps et a priori heureux (même si ce dernier point peut être discutable, toujours est il qu'on pouvait être sûr qu'ils devraient pas une fois encore gérer un dragon de plusieurs tonnes).

Aujourd'hui, les cinéastes ne respectent plus rien. Ils font un film, collent un scénario improbable dessus et... laisse en plan leurs héros. "The End" et démerdez-vous avec ça.

Prenez tous les films impliquant la destruction partielle ou totale de l'humanité. Vu qu'on adore jouer au destructeur de masse, il y en a des pelletées : films de monstres type Godzilla, d'invasions extra-terrestres à la Independence day, d'apocalypse zombie façon World War Z ou de catastrophes naturelles -tornades, raz-de-marée, volcan, ou tout mélangé ensemble (méthode dite d'Emmerich).

Bref, imaginons que ça se finisse bien. On est là, tranquillou pépéres, à fumer un cigare sur la carcasse encore fumante d'un vaisseau extra-terrestre, c'est la fête, rideau. Sauf que c'est bien joli, Will Smith et son pote intello qui collent un virus et une bombe nucléaire chez les aliens, mais faut pas oublier qu'à côté de ça, toute la Terre est cramée ! Los Angeles, nukée ! Et ça, une fois le générique lancé, tout le monde semble l'oublier.

 

Dans le genre, on peut aussi penser à l'inoubliable Volcano, qui colle une énorme montagne cracheuse de feu au beau milieu de Los Angeles (décidément, cette ville a dû traumatiser les cinéastes pour qu'ils lui en mettent en retour autant dans la poire). A la fin, le torrent de lave est maîtrisé dans une communion des êtres qui font soudainement fi de leurs différences et sourient à la vie sous une pluie de cendres. C'est beau. Mais en attendant, il y a UN VOLCAN ACTIF AU MILIEU DE L.A. !

Avec tout ça, prions pour qu'aucun univers parallèle bizarre façon Roger Rabbit ou Last Action Hero n'existe, et que les personnages de fiction ne poursuivent pas leur vie une fois les films terminés, parce qu'ils risquent un jour de sortir des écrans pour nous coller une sacré dérouillée! Nous, humains sans coeur qui détruisons leur monde et leur assurons à tous (héros mais aussi figurants, vous avez pensé à eux?) une dépression à vie.

 

Et ça ne vaut pas seulement pour les films catastrophe : le site Cracked.com fait par exemple la liste de six "happy endings" qui se révèlent en fait être un cauchemar pour les personnages. Prenez le (soit-disant) mignon E.T : à la fin, quand Téléphone-maison décampe enfin de la Terre, le gamin qui a risqué sa vie pour le défendre a l'armée américaine aux fesses. Le môme doit être depuis 30 ans en isolement dans une geôle de la Zone 51 : jolie fin, non ? Et que dire de l'avenir du gamin de Sixième Sens ? Et de tous les figurants des films d'horreur ? Mais évidemment, personne ne parle de ce scandale affreux, oblitéré par un simple générique de fin.

SONS :

- Last Action Hero, extrait. Attention donne mortellement envie de s'enfermer chez soi pour le regarder une nouvelle fois
- Volcano, bande annonce. Un incontournable des films catastrophe, avec un méchant repenti en Nike qui fond dans la lave. Priceless.

Andréa Fradin

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