Les Cholitas, ces Indiennes Aymaras qui deviennent mannequins

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 09 juin 2014

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Les Cholitas, ces Indiennes Aymaras qui deviennent mannequins
Autrefois persécutées, les Indigènes de Bolivie ont acquis un nouveau statut avec l'arrivée au pouvoir du président Evo Morales. Une école de mannequins pour Cholitas, ces femmes qui portent l'habit traditionnel, vient d'ouvrir à la Paz. Elle illustre le renouveau de ces Indiennes qui ont également conquis une place en politique, à la télévision et dans la publicité.

Le sourire, mais aussi la démarche assurée et le regard fier, la recette du top model est universelle même si dans cette école, les mannequins ne jurent que par le chapeau melon, les longues tresses et les jupes de couleur.

Défilé de Cholitas , CC Flickr Embajada de Estados Unidos in Bolivia

 

C'est le vêtement traditionnel de la Cholita, la femme indigène Aymara, majoritaire dans les Andes boliviennes, et qui a retrouvé sa dignité suite à l'élection en 2006 du président amérindien Evo Morales à la tête du pays.

Située dans une petite salle d’un bel hôtel colonial en plein centre de La Paz, cette école de mannequins cholitas est la première du genre et déjà une quinzaine d'élèves se sont inscrites.

 

Le chapeau typique des Cholitas, CC Flickr Embajada de Estados Unidos in Bolivia

 

Patricia Rodriguez, professeure de l'école de top models cholitas, se rend régulièrement dans une petite boutique d’habits traditionnels en plein quartier populaire de La Paz. Elle défile devant la vitrine avec pour mission d’attirer de nouvelles clientes.

Des clientes indigènes et fortunées, capables par exemple de se payer un chapeau Borsalino original à 500 euros pièce.

La Cholita de la Paz, c'est elle qui aujourd'hui a pris le pouvoir (...) Les bijoux, les corsets, les jupons, tout cela est beaucoup plus cher qu'une robe et des chaussures à talons. Par exemple, là je porte l'équivalent de plus de 3000 euros sur moi.


 

Malgré le prix élevé, les clientes ne manquent pas et la tenue s'est adaptée aux goûts des jeunes Boliviennes qui sont chaque fois plus nombreuses à s'habiller comme leurs mères et grand-mères.

Fondatrice de l’école de mannequins, Rosario Aguilar voit déjà plus loin et son prochain défi est de parvenir à exporter la cholita.

 

Mon rêve le plus grand c'est de faire connaître notre culture et nos vêtements dans un autre pays. La Cholita fait partie de notre identité populaire. La Cholita est une femme travailleuse, avec des valeurs, courageuse, charismatique, coquette et élégante.


 

Des atouts majeurs portés désormais avec fierté par toute une nouvelle génération de Boliviennes.

 

Reportage signé Reza Nourmamode. Mise en page : Pauline Ben Ali.

Illustration de couverture : CC Flickr Szymon Kochanski.

 


 

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