Les chinois se payent Paris

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Jeudi 19 septembre 2013

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Les chinois se payent Paris
Les Tours Eiffel en plastique made in China, on connaît. Mais une réplique de la ville lumière à 200 km de Shangaï, ça en jette un peu plus. Ce projet immobilier complètement fou existe vraiment. Problème : ce petit Paris chinois est presque une ville fantôme.


A Shangaï, Delphine Sureau avait un peu le mal du pays. Alors elle a fait un saut à Paris. Cliquez ci-dessus pour écouter son reportage.

Photo : Delphine Sureau

 






Ah Paris ! Cité éternelle, ville de l'amour et de la mode. Ses immeubles haussmanniens, sa Tour Eiffel et ses champs de blé.

Nous sommes à Tianducheng, "la ville du ciel", grande banlieue de Hangzhou, à l'est de la Chine. Bienvenue dans le "Petit Paris", un projet immobilier démentiel qui a vu le jour en 2001.





 
 
  
Six ans plus tard, les premiers parisiens s'installaient dans les immeubles en fausse pierre de taille. 500 mètres carrés sur les Champs Élysées pour le prix d'un F2 en banlieue, le bon plan de l'année.

Amoureux de Paris, les chinois en retrouvent le décor, la circulation et la pollution en moins. Même si la Tour Eiffel ne mesure "que" 108 mètres de haut, même si les devantures de bistrots sont factices, le petit Paris attire des jeunes mariés qui viennent s'y faire photographier sans devoir casser leur PEL pour se payer un billet d'avion vers la France.

Paris vue du ciel © Reuters

 
Et pourtant, se balader à Tianducheng n'a rien de féérique. Huit ans après son inauguration, les rues de la ville restent désespérément vides. Le promoteur immobilier assure que 80% des appartements sont vendus.  Lui même a investi un milliard d'euros dans ce projet qui se révèle être un gouffre financier.

Les balcons commencent à rouiller © Reuters

 
Si la copie n'a pas le charme ni l'attractivité de son modèle, c'est sans doute parce qui lui manque l'essentiel : la vie. A Tianducheng, pas de commerces, pas de cinoches, pas de troquets du coin. Le Petit Paris est une cité dortoir en forme de décor de cinéma.

Et la ville risque bientôt de perdre son atout le plus chic : la Tour Eiffel, trop encombrante, devrait être détruite pour laisser place à un centre commercial.

Le Champs de Mars, au sens littéral © Reuters
 

Reportage signé Delphine Sureau, correspondante du Mouv' à Shangaï.

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