Les chats et le syndrome de Stockholm

Rien à voir Lundi 18 août 2014

Réécoute
Les chats et le syndrome de Stockholm
Non, ils ne sont pas gentils, pas sympas, pas doux, pas marrants... Rien. Les chats sont des bourreaux et nous sommes leurs victimes consentantes.

 

Je voudrais me confesser auprès de toi et des auditeurs du Mouv, décharger ici le poids de la culpabilité: j'ai une Google alerte avec le mot "chaton".

 

Si Alain Finkelkraut ou ma maman nous écoutent, j'explique quand même ce que c'est qu'une Google Alert: c'est Google qui te prévient par email à chaque fois qu'il y a une actu sur un mot que tu auras pré-enregistré sur le moteur de recherche.

Je suis donc informée en temps réel de toute l'actualité des chatons du monde.

Comme je suis contre le jeunisme échevelé, j'ai aussi une Google Alert "chats". Et comme ça me fait ricaner comme une hyène à chaque fois que je reçois le mail d'alerte, j'ai aussi une Google Alert "chatte".

Et que ce soit clair: tout ça, c'est pas du tout parce que je suis fan de vidéos de chatons. En fait, je me fous même littéralement des vidéos de chatons et je suis assez peu sensible au potentiel humoristique d'une vidéo d'un chaton paraplégique qui fait du mini-skateboard.

En réalité, je me tiens informée de l'actualité des chats pour pouvoir étayer une théorie que je souhaiterais voire s'étendre ailleurs que dans mon cerveau malade: 

les propriétaires de chats sont victimes du syndrome de Stockholm.


 


Le syndrome de Stockholm, c'est cette pathologie qui veut que des otages finissent par développer une sympathie pour leur geôliers. Et je sais de quoi je parle, j'en ai un de chat.
Donc en gros, on est tous, selon moi en tout cas, les victimes consentantes de nos chats. Et on le paye très cher. J'ai des preuves.

Nous sommes les victimes consentantes de nos chats

Ce week-end à Chula Vista en Californie, une femme et sa fille ont du appeler la police à 4 heures du matin, parce que leur chat, Cuppy, les séquestrait à l'intérieur de la maison. La police a effectivement du intervenir pour maitriser le forcené à l'aide d'un balai et exfiltrer la petite famille. Et figurez-vous que ça n'est pas la première fois que ça arrive.

 

En 2013, à Portland, dans l'Oregon, un chat persan de dix kilos avait, lui, attaqué un bébé et forcé toute la famille à s'enfermer dans une pièce de la maison pendant de longues heures. Jusqu'à, là aussi, intervention des forces de l'ordre. Et je voudrais que tout le monde comprenne que si nous en sommes en là aujourd'hui, c'est parce que nous, les propriétaires de chats, sommes devenus les humains de compagnie de nos chats et pas l'inverse.

Et tout ça, c'est de notre faute. D'abord, première preuve de notre servilité, on accepte sans broncher de ramasser tous les jours des mini-cacas séchés avec des mini-pelles à caca au fond d'un bac à litière qui lui occupe environ un tiers de notre appartement. J'ai déjà quitté un mec parce qu'il respirait trop fort, mais visiblement ça ne me pose aucun problème d'être le moto-crottes personnel de mon chat. Ensuite, et tous les propriétaires de chat confirmeront: quand tu sors travailler, faire des courses, ou boire un coup avec des humains, que ça a duré trop longtemps, et que tu rentres trop tard, ben tu te fais engueuler par ton Joseph Fritzl de chat. Et pour te faire payer ta prise de confiance, il va au mieux t’énucléer avec ses petites papattes, au pire, chier sur ta couette.

Le baby-sitting de chat, ça existe

Et puis cet été, j'ai eu une dernière preuve s'il en fallait une, que nous les propriétaires de chats on est vraiment des gros bouffons. Anecdote : je m'apprêtais à partir en vacances pour deux semaines. Je partais en vacances, donc, quand je me suis rendue compte que mon chat sociopathe allait rester deux semaines seul chez moi. J'ai demandé autour de moi et sur les réseaux sociaux, si une personne était disponible au mois d'aout pour venir dans ma maison GRATUITEMENT tous les deux jours ramasser des mini-cacas et se faire lacérer la gueule. Bizarrement, j'ai trouvé personne.

J'ai donc du faire appel à une société de baby-sitting de chats. Oui, ça existe. Et croyez-moi le surréalisme du concept remplit toutes ses promesses. J'ai d'abord rempli un petit formulaire puis une cat-sitter est venue chez moi pour rencontrer mon chat. Moment totalement chelou. Elle m'a posé plein de questions sur ses habitudes (me scarifier les jambes), son alimentation (ma jambe), ses jouets (ma jambe). Bref, présentations faites, elle s'est rendue chez moi pendant mes vacances pour nourrir et divertir le chat.

Mais j'ai surtout été abreuvée PENDANT TOUTES MES VACANCES de mails m'informant de la santé et de l'humeur de mon chat. Alors que franchement, quand on est en vacances, les seules infos qui comptent c'est la température de l'eau et du rosé. Mais il s'agissait surtout de mails qui commençaient par chat-lut et qui se concluaient par cha-lutations chatoyantes ou encore bien" cha-leureusement"

Ça m'a couté 200 boules.

Comme quoi, plus con qu'un chat, y a quand même les amis des chats.

 


 

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