Les call-centers, dernier appel d'air portugais

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 01 novembre 2013

Réécoute
Les call-centers, le dernier appel d'air portugais
Alors que la crise étouffe encore l'économie portugaise, un secteur résiste et prend même de l'ampleur à Lisbonne : celui des call-centers. De nombreux groupes internationaux y implantent leurs services téléphoniques.

 

Olivier Bonamici, notre correspondant à Lisbonne, nous a passé un coup de fil ce vendredi matin pour expliquer la situation. Ca collait bien au sujet. C'est à réécouter ci-dessus.

 

Un taux de chômage à 18%. On monte même à 42% de demandeurs d'emploi chez les jeunes. La crise épuise le Portugal, et les différents plans de relance n'y change rien. Une aubaine pour les multinationales, qui peuvent, cyniquement, trouver là-bas une main d'oeuvre prête à travailler pour pas grand chose. Le salaire moyen d'un jeune diplômé ne dépasse pas les 570 euros par mois.

 

Plutôt que de délocaliser la production (quoique : ce sera peut-être l'étape suivante), ces sociétés ont donc commencé, ces dernières années, à implanter autour de Lisbonne leurs call-centers, ces centrales téléphoniques où des interlocuteurs surnommés Julie, Paul ou Martin répondent avec une pointe d'accent dissimulée à vos interrogations ou bien vous bombardent à coups de questionnaires.

 

Inauguration d'un nouveau call-center à Lisbonne en 2012 © Teleperformance Portugal, 2012

 

Les Lisboètes ont d'autres avantages que leurs faibles salaires. Alors que le Français lambda parlent anglais comme une vache espagnole, les Portugais sont souvent aujourd'hui bilingues, fils et filles de générations de migrants qui, dans les années 60 et 70, ont fui la dictature de Salazar pour se réfugier en France, au Royaume-Uni, en Allemagne... Pratique pour les coups de fil internationaux.

 

"Ce secteur explose", se réjouit Joao Cardoso, de la société Teleperformance Portugal, cité par NPR. "On double quasiment nos effectifs chaque année." Mais ne nous emballons pas trop vite : Microsoft, qui avait participé à ce déménagement téléphonique, vient d'annoncer qu'il se retirait du pays. Le géant informatique s'excuse, tout en précisant ne pas être responsable puisqu'elle ne fait que sous-traiter ce service, mais n'emploie directement aucun des 120 salariés concernés. L'éclaircie pourrait n'être que passagère.

 

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