Les cadenas de l'amour digitalisés

Un lien pour survivre Mercredi 04 juin 2014

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Les cadenas de l'amour digitalisés
Les cadenas de l'amour ou "lovelocks" attendrissent ou crispent les Parisiens mais séduisent toujours plus les touristes. Un étudiant s'est mis en tête d'immortaliser ces preuves d'amour passagères. Le lien du jour est plein de cœurs et de verrous.

Depuis 2006, la mode des cadenas de l'amour sévit à Paris et dans plusieurs villes du monde. On en dénombrerait 700 000, sur une dizaine de ponts de la capitale.

Crédit photo : ©Martin Fisch / Flickr

La tradition est bien connue : il s'agit d'attacher un cadenas (love lock) au grillage d'un pont parisien en y inscrivant ses initiales d'amoureux, avant de jeter la clé à la Seine, pour sceller le caractère irréversible de son geste.

Aujourd'hui tout amoureux en visite dans la ville de l'amour s'empresse d'accrocher un cadenas avec ses initiales à l'un des garde-corps des Ponts des Arts ou de l'Archevêché. Les bouquinistes environnants s'imposent désormais comme leurs principaux pourvoyeurs de love locks. Même la Tour Eiffel est devenue la cible des cadenasseurs fous !

Une tradition qui pose problème

Le souci, c'est que tous ces cadenas abîment les infrastructures. Ils sont aussi très convoités par les petits ferrailleurs sauvages, armés d'une paire de cisailles, qui font leur beurre en revendant le métal au kilos. Régulièrement, la mairie de Paris est obligée de changer entièrement les grilles cadenassées. Alors au début tout le monde s'indignait, c'était comme si Paris n'aimait plus l'amour...

Mais aujourd'hui on se sent quand même un peu reconnaissant que quelqu'un soulage ces ponts de leurs  quelques 700 000 cadenas. Sans compter que les milliers de clés jetées dans la Seine représentent une pollution dont le fleuve n'a pas franchement besoin.

Aujourd'hui, les love locks ont donc leurs détracteurs. Une pétition, No love locks, lancée en janvier dernier rassemble plus de 6000 signatures et dénonce le vandalisme des amoureux qui déforme les ponts parisiens et enlaidit le patrimoine architectural.

Crédit photo : capture d'écran de "No love locks"

Si la ville de Paris rechigne à interdire les cadenas comme à Rome de peur de nuire à l'image romantique de la capitale, la nouvelle maire de Paris, Anne Hidalgo a déclaré malgré tout son intention de trouver des solutions. Elle regarde notamment du côté de Moscou où ont été créés des arbres à cadenas.

Alors que les cadenas de l'amour pourraient être en sursis, un étudiant à l'âme romantique s'est mis en tête d'immortaliser une à une ces preuves d'amour cadenassées archivés sur son site welocklove.com.

©Capture d'écran du site

On en vient à penser qu'un site Internet où les amoureux pourraient alimenter une collection dématérialisée de cadenas serait peut-être la meilleure solution.


 

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Illustration de couverture: © Flickr / vonderauvisuals

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