Les Black Blocs noyautent la contestation brésilienne

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 05 novembre 2013

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Les Black Blocs noyautent la contestation brésilienne
Au Brésil les manifs continuent, cinq mois après le début du mouvement de contestation contre les dépenses pharaoniques engagées pour le Mondial de foot. Mais depuis peu, les cortèges sont infiltrés par des Black Block, des militants anarchistes qui font monter la violence.

 

Cliquez ci-dessus pour écouter le reportage d'Elodie Touchard

"Des transports, pas des stades !" Au pays du football, le slogan lancé en juin dernier continue de faire sortir des milliers de personnes dans la rue. Elles manifestent sans relâche contre les dépenses somptuairees engagées pour le Mondial de foot, au détriment de la santé, de l'éducation et des transports.

Ce qui change, c'est la présence de plus en plus fréquente de Black Blocs en marge des cortèges. Des jeunes masqués, vétus de noir, anarchistes et radicaux.

Teaser du documentaire "Bloco Negro", par le collectif Mariachi

A chaque manif, le même scénario : la dispersion vire à l'affrontement entre des centaines de jeunes cagoulés et les forces de l'ordre. Aperçus dans les manifs anti OMC ou contre le gouvernement Morsi en Egypte, les Black Blocs s'invitent partout où il peut y avoir de la castagne. Un mouvement très hétéroclite selon l'anthropologue Julio Tavares.

Pour la plupart, ce sont des étudiants, des lycéens, mais des jeunes de banlieue les ont rejoints. Ce n'est pas un mouvement uniforme idéologiquement. Il y a un petit noyau d'anarchistes, mais c'est surtout un mouvement spontanéiste, mû par une grande colère [...] Il y a là une graine révolutionnaire.


Black Bloc lors d'une manifestation à Rio / DR

Les Black Blocs justifient le recours à la violence comme un acte d'autodéfense, une réponse à la violence de la police ou de la société globalisée dans son ensemble. A huit mois de la coupe du monde, le gouvernement brésilien tente d'établir le dialogue avec eux, mais les Black Blocs rejettent tout notion d'échange avec les politiques comme avec la presse.

Dilma Roussef / DR, par Sébastien Sabiron

Les Black Blocs sont comme un caillou de plus en plus encombrant dans la chaussure de la présidente Dilma Rousseff, à la veille d'une année cruciale pour le Brésil.

Les élections générales ont lieu en octobre 2014, après la Coupe du Monde. Voyant la situation s'envenimer, plusieurs sponsors du Mondial exigent de la présidente un plan d'action et des garanties, craignant que ces violences entachent leur image de marque.

Reportage signé Elodie Touchard, correspondante du Mouv' à Rio de Janeiro. 

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