LerPesse, le Gorafi tunisien qui ne se refuse rien

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 14 février 2014

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LerPesse, le Gorafi tunisien qui ne se refuse rien
Il s'appelle LerPesse et se prétend financé par l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Iran, la Syrie, la Russie et Israël. De l'islamisme rampant à l'intox médiatique, ses auteurs critiquent les puissants, et rassemble déjà des milliers de lecteurs.

 

LerPesse, sous-titré "l'information sérieuse à l'image du pays", joue un rôle utile de critique médiatique en Tunisie. Fondé l'an dernier, le site internet compte près de 15.000 fans sur Facebook. Ses auteurs, tous anonymes, se moquent des autorités (mais pas que) avec des articles parodiques farfelus. En home, ce vendredi : un "appel solennel à préserver l'héritage tortionnaire" ou bien l'invention décisive du premier ventilateur fonctionnant à l'énergie éolienne.

 

           Les reprises du "Happy" de Pharrell, cible des rigolos de Lerpesse © LerPesse, 2014

 

Vous aurez reconnu le style qui a fait le succès du Gorafi français. D'ailleurs, à l'instar du modèle français, LerPesse a réussi à berner certains médias traditionnels tunisiens : la radio privée Mosaïque FM a contacté TunisAir pour vérifier si la compagnie aérienne avait effectivement remboursé les passagers d'un avion parti à l'heure pour s'excuser, blague évidemment inventée de toute pièce.

"La réalité dépasse la caricature", explique l'un des contributeurs. "Mais depuis notre arrivée, un quotidien national habitué de la propagande a consacré une couverture à démentir l'une de nos plaisanteries. Ca prouve que le paysage médiatique est en train de changer et qu'on y participe." Ils estiment servir d'outil pour une prise de conscience populaire : "Jusqu'ici, les gens avaient tendance à penser qu'à partir du moment où quelque chose est publié sur internet, c'est que c'est vrai."

 

          Même le Père Noël s'est converti à l'islam radical... © LerPesse, 2013

 

"Il va falloir des années d'apprentissage pour sortir des travers de la propagande", reconnaît Riadh Ferjani, sociologue des médias. "La non-vérification de l'information reste très présente dans les journaux tunisiens." Même le Syndicat national des journalistes dit apprécier cette "critique intéressante des erreurs des médias."

 

Allez jeter un oeil sur le site de LerPesse. C'est par ici.

Vincent Glad s'interrogeait récemment sur le rôle du Gorafi. Un Touche pas à mon poke à réécouter par là.

 


 

Reportage : Camille Lafrance.       Mise en page : Augustin Arrivé.

Photo de couverture : la chanteuse tunisienne Manel Amara dans LerPesse

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