Le triomphe de l'Allemagne au Mondial, c'est la grande victoire du "Big Data"

Va y avoir du sport Mardi 15 juillet 2014

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Le triomphe de l'Allemagne au Mondial, c'est la grande victoire du "Big Data"
Parmi les nombreuses raisons qui expliquent le succès des champions du monde allemands, il y a le "Big data", la collecte et l'utilisation de données. Aucune sélection n'est aussi avancée en la matière. Les Allemands jouent avec des puces dans les chaussures et s'entraînent entourés d'émetteurs. C'est quoi exactement le "Big Data" ?

Neuer devait encore jouer aux Pogs au lycée

Les Allemands ont été sacrés champions du monde et c’est largement mérité. C’est une équipe qui produit un jeu offensif, qui aime faire du spectacle, qui fait vraiment plaisir à voir.

 Il y a des dizaines et des dizaines d’explications à ce triomphe. Un projet de jeu mené sur le long terme, une génération au talent remarquable, un gardien qui a la tête d’un type qui devait encore jouer aux Pogs au lycée mais aussi doué avec ses pieds qu’un joueur de champ…

Et puis, il y a une raison qui nous intéresse plus que les autres : l’équipe d’Allemagne, depuis des années, mise énormément sur ce qu’on appelle le "Big Data", c’est-à-dire sur la collecte et l’utilisation de données, de statistiques en tout genre.

Depuis presque un an, la Fédération de foot travaille avec l’entreprise allemande SAP, qui construit des logiciels. Et en particulier un qui s’appelle Match Insights.

Le concept, en gros, c’est que les joueurs allemands ont des puces dans leurs chaussures, sont entourés d’émetteurs pendant l’entraînement, ce qui permet à des statisticiens de récupérer plein plein de données : le nombre de km parcourus, le nombre de touches de balles, les déplacements…

Toutes ces données sont traitées, analysées, comparées et les résultats sont envoyés à l’entraîneur et à son staff. Ainsi qu’aux joueurs eux-mêmes qui reçoivent après chaque match des vidéos personnalisées.

Boateng a éteint Ronaldo grâce à ça

Ca permet à l’entraîneur de mieux comprendre son équipe, d’adapter ses remplacements, de repositionner ses joueurs. Un truc très précis : en 2010, la vitesse moyenne des passes de l’équipe – c’est à dire l’écart entre la réalisation et la réception de la passe -- c’était 3,4 secondes.

Aujourd’hui, elle est de 1,1 seconde en moyenne. En fait, l’Allemagne joue beaucoup plus vite et ça s’est vu pendant le Mondial.

SAP étudie aussi les données des adversaires. Avant le match contre le Portugal, par exemple, le défenseur Kevin Boateng a demandé à l’entreprise d’analyser les déplacements de Ronaldo dans la surface de réparation.

Il a pu ainsi ça adapter sa manière de le marquer. Et je vous rappelle que l’Allemagne a gagné 4-0.

Il y a deux statisticiens qui étaient au Brésil pour travailler à temps plein avec l’équipe d’Allemagne, qui n’hésite pas non plus à exploiter les étudiants de la fac de sport de Cologne puisqu’elle leur demande de collecter des données sur les adversaires.

Si "Santa Barbara" était allemand...

Bref, le Big Data a pris une place énorme dans la préparation des champions du monde.

Comme toujours, ce genre de choses, ça vient en grande partie de l’entraîneur. Joachim Löw. Un type qui ne sourit jamais, qui a la coiffure de Mireille Mathieu, toujours très élégant. Si "Santa Barbara" était une série allemande, il en serait l’acteur principal.

[Petit aparté, cette série existe d’ailleurs, elle s’appelle "la Clinique de la Forêt noire".

 

Fin de l’aparté.] Joachim Löw étant lui-même originaire de la Forêt noire, cet aparté était extrêmement pertinent.

Cet entraîneur, c’est à la fois, un romantique du foot, quelqu’un qui ne jure que par la beauté du jeu et un scientifique, une sorte de comptable qui divise le terrain en 18 zones et qui fait répéter et répéter aux joueurs leurs déplacements.

Brésil-Allemagne pour l'éternité 

Bien sûr, l’Allemagne n'a pas gagné juste grâce au "Big Data". A la fin des années 90, les Allemands ont totalement révolutionné leur foot et le "Big Data" est une petite partie de ce projet qui prouve sa modernité.

Et le monde moderne a su récompenser les Allemands. Depuis leur fameuse victoire 7-1 contre le Brésil, il existe un site qui calcule quel serait le score de ce match s’il durait éternellement.

A l’heure où j’écrivais ma chronique, l’Allemagne était en train de battre le Brésil sur le score de 767 buts à 101. C’est ce qu’on appelle une grosse raclée. 



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