Le superpinceau d'Alex Ross

La Pop au carré Mardi 11 mars 2014

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Le superpinceau d'Alex Ross
On le surnomme "le Norman Rockwell des comics". Alex Ross s'expose au Mona Bismarck American Center de Paris. L'illustrateur américain est apprécié pour son approche photo-réaliste qui rend aux super héros leur part d'humanité.

Des muscles saillants, moulés dans des costumes qui évoquent des panoplies de carnaval, les justiciers d'Alex Ross ont tous quelque chose de "next door", comme si votre voisin  bodybuildé portait des collants et un slip en lycra.

Justice League of America © Alex Ross
 

Né à Portland (Oregon) en 1970 d'un père pasteur et d'une mère illustratrice de mode, Alex Ross vit une enfance solitaire, qu'il occupe en dessinant les héros de ses comics favoris.

A 13 ans, son trait est déjà bien affirmé. A 17 ans, il part étudier à l'American Academy of Art de Chicago, où il est influencé par les travaux réalistes de Salvador Dali, ainsi que par les grands illustrateurs américains, Norman Rockwell en tête.

Les Avengers de Marvel vus par Alex, 13 ans © Alex Ross, collection personnelle
 

Alex Ross débute sa carrière dans une agence de pub en tant qu'illustrateur de maquettes. A 19 ans, Marvel Comics lui offre son premier contrat, pour la réalisation de Terminator : The Burning Earth. Quatre ans plus tard, il illustre et coécrit la série Marvels, qui le rend célèbre et popularise son style ultra-réaliste.

M. et Mme Joker et un Green Lantern plus vrais que nature © Alex Ross
 

En 1996 il rejoint DC Comics, concurrent de Marvel, et livre sa version de chaque super héros de l'écurie. La même année, Kingdom Come offre à sa carrière un tournant décisif.

Dans cette mini-série, les héros vieillissants sont confrontés à de nouveaux méta-humains renégats. Elle rencontre un immense succès et renouvelle le genre dans une veine plus mature.

Knight over Gotham © Alex Ross 1999
  

Sous le pinceau d'Alex Ross (gouache et aquarelle), les super-humains se révèlent très humains. Superman, Batman, Wonder Woman, Green Lantern et Flash semblent sortir de la toile. Pour atteindre ce niveau de réalisme, Ross travaille à partir de photos, passe des heures à étudier les reflets et les plis des tissus.

Wonder Woman et Superman ne craignent pas les balles © Alex Ross
  

Prêtée par le musée Andy Warhol de Pittsburgh, l'expo du Mona Bismarck retrace précisément la carrière d'Alex Ross, l'évolution de son trait, la technique de l'artiste. A travers lui, le néophyte découvrira l'histoire des comics, leur mythologie et leur origine (peur des nazis, de la guerre froide, des armes chimiques, conquête de l'espace, etc.).

Expo au Mona Bismarck Center, Paris © Sébastien Sabiron
  

Si vous n'avez pas l'occasion de visiter l'expo parisienne, Urban Comics édite un ouvrage somptueux de 336 pages. On y retrouve tout le travail du maitre ainsi que ses croquis préparatoires et ses dessins d'enfance. Une bible indispensable pour découvrir celui qui a su rendre réel le surnaturel.


Reportage, photos : Sébastien Sabiron

 


 

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