Le sport slovène se faufile vers les sommets

Mouv'In Europe (2014-2015) Samedi 19 décembre 2015

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Le sport slovène se faufile vers les sommets
La Slovénie n'a que deux millions d'habitants mais une sacrée réserve de champions. Finalistes du dernier Euro de volley en octobre, arrivés jusqu'aux barrages du prochain Euro de foot, les Slovènes brillent à chaque Jeux Olympiques.

 

"Il faut se fixer des objectifs dans la vie. Cette année, c'était de gagner une médaille d'or aux J.O. Et voilà que j'en ai deux !" En remportant à Sotchi le slalom géant et l'épreuve de descente, la skieuse Tina Mazé est devenue une héroïne. "Elle est une fierté nationale", reconnait-on au Comité Olympique slovène. "Une grande star, l'une des plus grandes skieuses du monde", se réjouit-on au Centre sportif olympique de Planica. Grâce à elle, la Slovénie a fini deuxième pays le plus médaillé du monde par rapport à son nombre d'habitants, devancé seulement par la Norvège.

 

Aux Jeux Olympiques de Londres, les Slovènes étaient sixièmes. Ils étaient troisièmes à Vancouver en 2010. "Ca commence dès la crèche" suppose Matic Erbeznik, prof de ski à Kranjska Gora. En attendant les premières neiges, les écoliers pratiquent la marche nordique. Ils défilent devant lui. "On reçoit cette passion de nos parents et on veut simplement la transmettre aux enfants. Si vous regardez les disciplines dans lesquelles on excelle, le saut à ski ou le ski alpin, ce ne sont que des sports sans argent."

Ca montre que ça n'a rien avoir avec l'appât du gain, c'est une histoire de passion. La Slovénie a la passion du sport.

Matic Erbeznik, professeur de ski à Kranjska Gora, et passionné de parapente © Augustin Arrivé

 

La station de Planica est en train de se doter de quatre tremplins de saut à ski flambant neufs. A Ljubljana, la capitale, c'est un gymnase ultra-moderne qui est en chantier. "Sans l'aide de l'Union Européenne, nous ne pourrions pas avoir ces infrastructures" reconnaît Blaz Perko, le secrétaire général adjoint du Comité National Olympique. "On espère qu'elles nous permettront de rester au meilleur niveau."

L'enjeu est important, primordial même ! "A travers le sport, on met en avant notre peuple, notre nation. On a souvent fait partie d'un pays plus grand que nous, la Yougoslavie ou l'Empire Austro-Hongrois. Il fallait s'affirmer. C'est pour ça que les Slovènes aiment le sport." Le petit pays a trouvé là un moyen de briller. Bostjan Gradisar, le manager du centre sportif de Planica, cite même les Partisans, ces résistants au nazisme qui se déplaçaient en ski dans les montagnes pendant la Seconde Guerre mondiale. "Mais l'histoire du ski slovène remonte au Moyen Age."

 

Bostjan Gradisar, manager du Centre Sportif Olympique de Planica © Augustin Arrivé

 

A Sotchi, les hockeyeurs slovènes sont allés jusqu'en quart de finale, déclenchant des vocations chez les plus petits. "Les inscriptions en club ont explosé", remarque Blaz Perko. Cet ancien rugbyman aimerait développer d'autres sports collectifs. "La compétition de haut niveau réclame de l'argent. Mais chaque génération voit un sport émerger : hier c'était le basket, maintenant le volley. Notre équipe de handball est également très douée."

 

Blaz Perko, secrétaire général adjoint du Comité National Olympique © Augustin Arrivé

 

La prochaine spécialité slovène sera peut-être le football. Très populaire à Maribor (où l'équipe locale a remporté treize fois le championnat en vingt ans), le foot slovène commence à se faire connaître hors des frontières. Le NK Maribor jouait la Ligue des Champions l'an dernier, et les 12.000 places de son Stadion Ljudski Vrt étaient quasi remplies le 17 novembre dernier pour les barrages retour de l'Euro 2016 (contre l'Ukraine). On entre là comme dans un moulin, bien loin des consignes vigipirate que les Français connaissent.

"On n'est pas des stars", confirme Ales Martelj, milieu de terrain international, "mais quand on est petits, on a le rêve d'accomplir de grandes choses. Changer l'image de la Slovénie à l'étranger, c'est une grande fierté." Il aime quand les mômes l'arrêtent dans la rue, il prend le temps de répondre aux salutations. Il espère être un exemple pour la jeunesse. "Ca fait partie de notre boulot. Et peu importe si on ne peut pas avoir 20.000 spectateurs chaque week-end."

 

Ales Mertelj, milieu de terrain international du NK Maribor © Augustin Arrivé

 

 


 

Reportage : Augustin Arrivé

Photo de couverture : Cc FlickR Viviana Coloma

Retrouvez les coulisses de ce reportage sur notre road-tweet, en cliquant ici.

 

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