Le smartphone, ce fléau des concerts

La Pop au carré Lundi 05 mai 2014

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Le smartphone, ce fléau des concerts
Avant, on allumait son briquet pendant les slows et c'était émouvant. Aujourd'hui, dans les concerts, on allume son smartphone tout le temps, et c'est un peu relou. Des applications tentent de limiter les nuisances de ces écrans lumineux, tandis que certains artistes encouragent au contraire ces cameramen de poche.

 

Damon Albarn sera sur scène ce lundi soir à Paris. Concert intimiste à l'Alhambra. Autant vous dire que c'est à guichets fermés. Mais le plus terrible, c'est que même ceux qui seront dans la salle devront slalomer entre les écrans lumineux des smartphones de leurs voisins s'ils veulent apercevoir le chanteur de Blur. Le cauchemar des rase-moquettes qui peinent à se hisser au-dessus de cette forêt bleue.

 

Damon Albarn invité de Laura Leishman, une semaine avant son concert parisien © Radio France, 2014

 

Les artistes sont partagés sur la question. Les Yeah Yeah Yeahs, par exemple, ont interdit l'an dernier les smartphones lors d'un de leurs shows new-yorkais. Mathieu Chédid, au contraire, encourage cette pratique. Les Français de Le Spark, eux, font avec. Thomas, le chanteur et guitariste, estime qu'il "faut s'habituer" et qu'après tout "c'est plutôt gratifiant : ça veut dire que les gens veulent garder un souvenir".

Il trouve même du charme à ces petits films approximatifs : "il y a un mauvais son et c'est mal filmé, mais c'est parfois plus chaleureux que les captations officielles, très léchées mais un peu froides." Le Spark a même suggéré récemment à son public de poster toutes ces vidéos sur Evergig.com, une start-up française qui s'occupe d'agglomérer les films pour monter une retranscription fidèle du live. Guillaume Jouannet mise sur cette spontanéité :

Les gens veulent montrer qu'ils étaient là, ils n'ont pas envie de la vidéo HD mais plutôt d'un film personnel.


Guillaume Jouannet et Arthur Dagard, les fondateurs d'Evergig © Sébastien Sabiron

 

Et cette technique permet de suivre aussi ce qui se passe dans la salle, pogo, slam ou autres. Pas tout à fait le même état d'esprit chez Kimd. Ici, les filmeurs intempestifs, on n'aime pas trop ça. Mais comme on sait qu'on ne pourra pas les empêcher, on cherche à en réduire les effets négatifs. Julie Chabin a inventé une application qui diminue la luminosité de votre écran. "On l'a testé en concert, et ça vous permet quand même de voir les photos que vous prenez, sinon ça n'aurait aucun intérêt."

 

Julie Chabin, la créatrice de Kimd, prône le clair-obscur jusque dans son bureau © Sébastien Sabiron

 

Son appli est totalement gratuite. Elle réfléchit maintenant à des partenariats avec les billetteries de concert. Evergig, de son côté, a déjà signé des accords avec plusieurs géants de la musique. Les écrans bleus ont encore de l'avenir, et tant pis pour les petits.

 

Ne manquez pas Damon Albarn, en interview exceptionnelle mercredi 7 mai, de 16h à 18h chez Christophe Crénel, sur le Mouv'.

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Photo de couverture : Cc FlickR Jgoge

Reportage : Sébastien Sabiron

 

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