Le Robocop français est une tablette tactile

le Reportage de la Rédaction Mercredi 05 février 2014

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Le Robocop français est une tablette tactile
Robocop est de retour aujourd'hui sur les écrans, dans un reboot signé José Padiha. Un flic mi-homme mi-machine qui dézingue à tout va, protégé par une armure high-tech. Dans la réalité on est encore loin. En un sens, c'est plutôt rassurant.

"Je vous préviens, résister provoquera... Votre mort." Apparu en 1987 dans la version cultissime de Paul Verhoeven, Robocop n'est pas du genre a se laisser attendrir. Un flic cyborg, sans état d'âme, métaphore grinçante d'une société déshumanisée et ultra-violente.

Dans Robocop version 2014, l'armure du héros est un peu plus tendance et la mise en scène un peu plus édulcorée : moins d'hémoglobine, plus d'effets spéciaux, mais tout autant de castagne que dans l'original.


Robocop évolue dans le Détroit de 2028. Ça nous laisse 14 ans tout pile avant que les robots flics débarquent dans nos rues. Sauf qu'on n'en est pas encore là.

Micropoires contre tablettes

Pour découvrir les derniers gadgets branchés des forces de l'ordre, rendez-vous est pris à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), au siège de la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale. C'est ici qu'officient les 400 agents du Stsisi (Service des technologies et des systèmes d'information de la sécurité intérieure).

Direction Générale de la Gendarmerie Nationale © Sébastien Sabiron

Le Sisti développe notamment des systèmes de géolocalisation. Dans le Robocop original, le héros porte une puce GPS qui permet de le localiser lorsqu'il se déplace à pied. Une réalité toute récente pour les flics français, grâce à la "micropoire géolocalisable". La balise GPS est intégrée au micro qu'ils utilisent avec leur radio. Pas vraiment révolutionnaire, mais très utile, quand le fonctionnaire s'aventure loin de son véhicule.

A gauche : le GPS de Robocop (1987) / A Droite : la micropoire de la Police nationale © Sébastien Sabiron
 
Le Stsisi expérimente également un accessoire pourtant entré dans les moeurs depuis un bout de temps : la tablette numérique. La même que celle que vous avez reçu à Noël. Ce sont les logiciels qui changent, développés sur mesure pour se connecter à "Acropol", le réseau sécurisé de la Police.
   
Disparition signalée aux services © Sébastien Sabiron
    
Double avantage des tablettes : elles sont bien plus maniables et cinq fois moins chères (moins de 1000 euros pièce en comptant la coque sur mesure et les lecteurs de cartes d'identité) que les antiques ordinateurs qui équipent actuellement les voitures de patrouille. Elles sont en phase de test sur l'île de la Réunion.
  
Robocop lui, n'a pas besoin de tablette. Il se repère grâce aux instruments sophistiqués directement implantés dans son cerveau. Visée automatique, thermographe permettant de voir à travers les murs, les images sont bien sûr transmises en direct au commissariat. Dans la réalité, les flics français devront se contenter de caméras portatives qui équiperont bientôt les fonctionnaires affectés aux Zones Urbaines Sensibles.
   
A gauche : la visée automatique de Robocop / A droite : la caméra piétons de la Police © Sébastien Sabiron
  
Si la panoplie high-tech du policier français évolue moins vite que celle du quidam moyen, c'est parce que l'innovation est coûteuse car bien plus exigeante que dans le civil. Le commissaire divisionnaire Michel Laune, du Stsisi :
  
  
A ce rythme, peu de chance de voir des flics cyborg faire régner l'ordre dans nos rues d'ici 2028. Et on peut sans doute s'en réjouir.

Reportage signé Sébastien Sabiron.
    

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