Le RER en fauteuil roulant

le Reportage de la Rédaction Mercredi 03 décembre 2014

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Le RER en fauteuil roulant
Ce n'est déjà pas une sinécure quand on est valide, mais pour les personnes en fauteuil roulant, prendre le RER devient épique. A l'occasion de la journée internationale des personnes handicapées, on a testé la ligne A du réseau francilien.

 

Charlotte a 24 ans. Elle est en fauteuil roulant depuis sa naissance. Pour sortir à Paris, les solutions ne sont pas nombreuses. Il y a le taxi, évidemment, mais la facture est souvent deux à trois fois plus chère que pour un client valide.

Elle peut appeler le service PAM (Pour Aider à la Mobilité), qui permet de réserver une voiture adaptée avec chauffeur par téléphone. A condition de s'y prendre tôt :

Il faut parfois attendre dix minutes au standard avant de tomber sur quelqu'un, et ils ont besoin de connaître les horaires précis de votre trajet mais en général ils demandent de réserver avec dix jours d'avance.


 

Si vous avez oublié de racheter du beurre, vos tartines attendront le mois suivant.

Liste des stations de RER accessibles (cliquez sur l'image pour l'agrandir) © RATP

 

Donc, à moins d'épuiser vos amis automobilistes les plus serviables, on se retrouve souvent dans les transports en commun. Et ce n'est que le début des ennuis.

Le bus et le tram, si vous ne tombez pas en heure de pointe, ça va. Pour le métro, c'est déjà plus délicat : à part la plus récente ligne 14, aucune station n'est accessible en fauteuil, à moins de tenter le roulé-boulé samouraï dans l'escalier.

Le RER est souvent pourvu d'ascenseurs. Mais si vous vous aventurez dans la ligne A, pensez à prévenir le personnel de la station où vous entrerez. "Si vous descendez à Châtelet, il faut qu'un agent soit sur le quai spécialement pour vous, prêt à installer la rampe pour vous faire sortir avant que le train reparte." On est bien loin de l'efficacité d'autres capitales européennes comme Londres ou Berlin.

 

Présentation du service Wheeliz par sa confondatrice, Charlotte © Wheeliz

 

Le comble, c'est que d'après la loi, tout devrait être aux normes le mois prochain. Ainsi en avaient décidé les parlementaires en 2005 dans leur texte sur l'égalité des chances. Dix ans plus tard, l'application de cette loi est sans cesse reportée (observez le même reportage, en 2007, par Rue89 : rien n'a changé). Près d'un tiers des structures accueillant du public ne sont pas en règle.

Charlotte a décidé de prendre les devants. Elle a lancé un crowdfunding (réussi) sur Kisskissbankbank. Son projet Wheeliz est presque opérationnel. Il s'agit de référencer tous les propriétaires de voitures aménagées pour les handicapés afin de les proposer à la location. Sur son blog, Wheelcome, vous retrouverez l'évolution de cette aventure.

 

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Reportage et photo de couverture : Clément Robin                Edition : Augustin Arrivé

 

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