Le rap contre la dépression ?

Rien à voir Mercredi 15 octobre 2014

Réécoute
Le rap aide a lutter contre la dépression #àpeuprès
Le hip-hop permettrait de soigner des troubles psychologiques tels que la dépression ? Tout dépend de quel rap on parle.

 

Non, je ne parlerai pas de Nadine Morano. Je ne suis pas du genre à tirer sur l'ambulance et encore moins a apporter de l'eau au moulin du magma politico-mediatique toujours avide de micro-scandales, de bad buzz et de petites phrases.

En revanche j'avoue que lorsque j'ai appris que la police, pourtant sollicitée par Nadine Morano elle-même, ne l'a pas reconnue et lui a même demandé de présenter ses papiers d'identité, j'ai fait un petit high-five avec moi-même. Nadine Morano soumise à un controle d'identité, c'est une de ces petites joies simples qui'l ne faut pas bouder dans la vie.

Crédit photo: CC Devra / Flickr

 

Donc non, comme je le disais, ma chronique ne portera pas sur Nadine Morano ce matin, mais sur le rap. Parce que cette semaine, deux études relatives à la musique hip-hop ont attiré mon attention.

La première est consacrée au vocabulaire dans les textes de rap français. Le site Shakedatass a fait un énorme travail de data en classant les rappeurs français selon la richesse de leur vocabulaire.

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On apprend par exemple que c'est MC Solaar qui écrit les textes les plus riches avec une près de 7691 mots. Plus surprenant, Seth Gueko arrive a la 4ème position avec 6864 mots. Mais c'est vrai qu'en y réfléchissant, il avait déjà démontré la richesse de son vocabulaire avec le titre Ma couillasse dans lequel il disait: "Je te tiens, je te traine par la barbichette, le premier qui pleure on l'noie dans la tartiflette".

 

Cette étude révèle tout de même que le vocabulaire des rappeurs français est plus riche que celui des américains.

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Une seconde étude, relayée par le Guardian, est venue nous éclairer un peu plus sur l'importance et l'impact du rap français dans nos vies.

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Des chercheurs britanniques ont en effet découvert que le hip-hop pouvait soigner des troubles psychologiques et psychiatriques tels que la depression ou la schizophrénie. Le rap apporterait aux personnes qui l'écoutent un sentiment d'autonomisation, de connaissance de soi. Mieux, ce serait même un support idéal pour aider les personnes à comprendre leurs problèmes psychologiques et à trouver les moyens d'y faire face.

Bref, le rap nous apprendrait un peu plus sur nous-même. Et j'ai bien envie de fact-checker cette information en la mettant en relation avec notre patrimoine du rap.

Premier exemple

Commencons d'abord à analyser la leçon de vie nous pouvons tirer du titre Simple et Funky d'Alliance Ethnik.

Mais non mais non non, mais non mais non, non


 

Qu'essaye donc de nous dire Alliance Ethnik avec cette répétition ? Peut-être que c'est dans la parfaite abnégation que l'individualisme triomphe et que le renoncement est le sommet de l'affimation ? Ça, c'est André Gide qui l'a écrit. Mais K-mel le dit vachement mieux.

Deuxième exemple

Voyons maintenant comment le groupe La Clinique peut nous aider à résoudre nos problèmes. 

Ce soir j'invite mes lascars, les serveuses ont des fuites:


 

Cette phrase, à l'évidence, nous invite à réfléchir sur la protection de nos données personnelles. Elle nous alerte également sur les menaces qui pèsent sur la vie privée, ce qui constitue indéniablement un invariant de l'humanité.

Et pour finir, je vous laisse méditer sur cette phrase que je songe à me faire tatouer en idéogrammes chinois en bas du dos. Je ne déflore absolument pas la portée philsophique des paroles et je vous laisse vous en imprégner.

 


 

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