Le printemps bosnien n’est pas terminé

le Reportage de la Rédaction Vendredi 27 juin 2014

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Le printemps bosnien n’est pas terminé
La grande révolte sociale du mois de février a encore des échos en Bosnie. Les manifestants ne sont plus dans les rues mais des citoyens restent mobilisés contre la corruption, contre des politiciens immobiles. Qu’ils soient activistes du web, étudiants où profs de fac, ils veulent tous faire bouger les choses. A Sarajevo François Sauvestre a rencontré des jeunes bosniens qui ont des idées pour leur pays mais n’ont pas le sentiment d’être entendus.

Les débuts du « printemps bosnien » en juin 2013 à Sarajevo © Miràn Boloban.



 La grogne sociale a démarré en juin 2013 en Bosnie. Plusieurs milliers de personnes ont d’abord protesté contre une réforme administrative. Les revendications se sont ensuite élargies et le « printemps bosnien » a réellement éclaté en février dernier. Les manifestants ont bloqué des bâtiments officiels. Ils se sont aussi rassemblés en plénums.

Alina Trkulja est une jeune enseignante de l’université de Sarajevo. Elle a activement participé à ces grandes réunions citoyennes où chacun a pu donner son avis sur la situation de la Bosnie.

 

Aujourd’hui les plénums sont terminés. Avec les fortes inondations du mois d’avril les bosniens ont changé de priorités mais la colère est encore très présente. Dans toutes les bouches le mot « politicien » revient  de façon négative. Toute une partie de la population en a assez des responsables qui utilisent toujours les clivages ethniques pour diviser la Bosnie Herzégovine.

 

Au plus fort du printemps bosnien en février dernier. Un des bâtiments de la présidence de Bosnie Herzégovine est incendié par les manifestants © Miràn Boloban.

 

Miràn Boloban a 25 ans, il est étudiant en sciences politiques. Il a participé à chaque manifestation à Sarajevo et voudrait qu’on arrête de lui demander s’il est orthodoxe serbe, musulman bosnien où catholique croate.



 
 Je suis simplement de Bosnie !

Miràn Boloban étudiant en 4ème année de sciences politiques et ultra mobilisé pendant le « printemps bosnien » © François Sauvestre

Dans ce contexte social tendu, la Bosnie va bientôt voter. Les élections générales sont prévues en octobre pour désigner les trois présidents du pays (un bosnien, un serbe et un croate). La crise économique, le chômage (45%), la corruption, les magouilles politiques et tous les thèmes des manifestations de février vont certainement s’inviter dans la campagne. Tous les candidats seront scrutés de très près par les activistes de Zašto ne.
 


Darko Brkan, président de l’association Zašto ne. En veille permanente sur le web. Il traque les mensonges des responsables politiques de Bosnie.
L’association Zašto ne a été crée il y a quinze ans à Sarajevo. Aujourd’hui les huit membres veulent « éveiller les consciences citoyennes ». Ils se servent des nouvelles technologies pour rendre la politique plus transparente. Tiana Tietsicjamin coordonne les programmes de fact- checking. Une pratique journalistique qui consiste à vérifier les déclarations publiques. Elle épluche toutes les promesses de tous les partis politiques.



 
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