Le plombier polonais est surdiplômé

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 14 avril 2014

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Le plombier polonais est surdiplômé
Dix ans après l'adhésion de leur pays à l'Union européenne, les jeunes Polonais diplômés continuent de fuir leur pays pour s'installer en Europe de l'Ouest. La Pologne a un besoin urgent d'immigration pour survivre.

 

Le (petit) bureau du Conseil indépendant polonais des organisations de jeunesse 

Alors que 500 millions d’Européens s’apprêtent à élire leurs 751 députés (ce sera du 22 au 25 mai), les plus jeunes nations de l'Union ne semblent pas s'intéresser au scrutin. 80% des Polonais se disent euro-enthousiastes mais moins d’un polonais sur quatre ira voter en mai.

 

En cause, la défiance entre les jeunes et leurs politiques qui continuent de les considérer comme des enfants à éduquer. Malgré la croissance positive polonaise et les grands discours sur l’intégration réussie de ce pays, il ne fait pas bon avoir moins de 35 ans en Pologne.

 

Les salaires sont ridiculement bas (300 à 400€ pour le salaire minimum) pour une population massivement qualifiée et diplômée. Les loyers à Varsovie sont inabordables. Et le système de santé patauge au plus bas niveau européen.

 

Cours de français à l'Institut Français de Varsovie

 

Alors la plupart des jeunes n’ont qu’une obsession : apprendre le plus possible de langues étrangères pour trouver à l’étranger un meilleur salaire, une vie plus confortable et des perspectives d’avenir. Depuis l’entrée de la Pologne dans Schengen en 2007 ils sont officiellement deux millions de jeunes Polonais à avoir choisi l’exode. Rien qu’en 2013, 726.000 personnes de moins de 34 ans ont quitté le pays. Conséquence : la Pologne doit faire face à une grave crise démographique. Le taux de fécondité est très faible et il n’y a plus assez d’actifs pour faire fonctionner le système de retraite. La porte-parole du gouvernement est inquiète :

 

Nous avons tout essayé pour retenir nos jeunes mais l’exil est un choix personnel et c’est aussi le jeu de l’Union européenne. Aujourd’hui devant la gravité de la situation, nous allons ouvrir nos frontières aux Roumains, aux Bulgares et aux Ukrainiens.


 

De quoi donner du grain à moudre aux eurosceptiques de l’ouest qui s’en prennent déjà non plus au plombier mais au maçon roumain, bulgare ou ukrainien.

 

 

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Reportage et photos : Cécile de Kervasdoué

 

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