Le monde du sport, ce repaire d'anti-Internet

Va y avoir du sport Mardi 04 février 2014

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Le monde du sport, ce repaire d'anti-Internet
Ils considèrent que le net est la poubelle de l’information, ils pensent si la société va si mal, c’est, en gros, parce que nos téléphones nous offrent le pouvoir de retweeter. Le monde du sport, lui aussi, est peuplé de webophobes. Entraîneurs, sportifs, organisateurs d'événements… Ils sont nombreux à dire qu'Internet, ce n'est pas bien du tout.

"Je n'ai pas de compte Twitter, merci de me foutre la paix"

Le meilleur ami du sportif n’a pas de nom, il n’a pas de visage. Oui, le meilleur ami du sportif, c’est le monde de la finance. Mais c’est aussi, et surtout, Internet.

Grâce à Internet, le sportif peut retweeter les gentils messages " Coucou je t’aime " de ses fans, il peut accumuler des milliers de likes sur Facebook, il peut exhiber ses pectoraux sur Instagram.

Le monde du sport et Internet sont de très bons copains. Sauf que, sauf que… 

 

On les entend parler de plus en plus fort. Ils ont souvent les cheveux gris et le regard un peu triste. Qui ça ? Les webophobes, les ennemis d’Internet.

Ceux qui considérent que le net est la poubelle de l’information, ceux qui pensent si la société va si mal, c’est, en gros, parce que nos téléphones nous offrent le pouvoir de retweeter.

Le monde du sport, lui aussi, est peuplé de webophobes. Leur dernier représentant le plus médiatique, c’est Claude Onesta, le sélectionneur de l’équipe de France de handball.

Twitter, c'est sale, c'est le diable

Un type brillant mais qui a tendance à dérailler dès qu’on lui parle d’Internet. Dernièrement, il a demandé à sa fille de tweeter une photo de lui.

En jogging bleu, sur un canapé, tenant une pancarte où était écrit " Je n’ai pas de compte Twitter, merci de me foutre la paix. "

Pour lui, Twitter, c’est sale, c’est le diable. Parce qu’Internet, c’est les méchants.

Claude Onesta exprime à longueur d’interviews son dégoût du web, des trolls, des réseaux sociaux.

Il y a deux ans, il disait à propos des internautes qui commentent sous les articles.

Ils ont l’air sympathiques au premier abord quand on voit les noms d’Indiens qu’ils ont : Buffalo Bill, Peter Pan… Mais quand on voit le flux de conneries et de méchancetés, on se dit que l’humanité n’est pas près d’être sauvée. 


 

On l’excuse, Claude Onesta. C’est un ancien prof de gym qui aime le papier froissé, qui est pas très branché smartphones, c’est la vieille école.

Mais ils sont nombreux à penser comme lui. Y a des entraîneurs, des sportifs, des journalistes…

Comme Pascal Praud qui disait :

Jadis, l’imbécillité était partout et nulle part. Aujourd’hui, Twitter est sa maison d’accueil.


 

C’est simpliste et expéditif. J’ai l’impression d’entendre ma grand-mère.

"Je défonce tous les Coréens"

Parfois, c'est parce qu'Internet a été très méchant avec eux. Ce week-end, le footballeur de Lyon Milan Bisevac a fermé son compte Twitter parce qu’il ne supportait plus les insultes. Laure Manaudou avait fait pareil y a des années.

Mais en général les sportifs cherchent la petite bête. Souvent ils font n’importe quoi sur les réseaux sociaux.

Ils s’en servent pour pleurnicher, pour dire des horreurs. Un exemple parmi tant d’autres : on se souvient de ce tweet du capitaine de l’équipe de football suisse lors des derniers Jeux Olympiques.

Juste après avoir été battu par la Corée du Sud, il avait posté un message en verlan, dont je vous cite la traduction.

 Je défonce tous les Coréens, allez tous vous brûler. Ahahaha bande de trisos. 


 

Forcément, sa Fédération l’avait renvoyé chez lui vite fait bien fait.

A cause de ces dérapages, s’est créée une autre catégorie d’ennemis d’Internet.

Ce sont les clubs, les Fédérations, les organisateurs d’événements qui souvent interdisent aux sportifs d’utiliser les réseaux sociaux.

Le Code du Sport est avec eux

A la prochaine Coupe du monde, beaucoup de footballeurs n’auront ainsi pas le droit de se servir de Twitter et Facebook.

Et c’est nous qui en paierons le prix, privés de selfies de coupes à l’iroquoise et de photos de biceps tatoués.

En France, c'est interdit. Un article du Code du sport stipule que "les organisateurs et les fédérations ne peuvent imposer aux sportifs aucune obligation portant atteinte à leur liberté d'expression."

Alors, allez-y chers sportifs, sortez vos smartphones, postez vos selfies, on vous retweetera. 

 


 

Imanol Corcostegui

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