Le Kurdistan, cul de sac pour les réfugiés syriens

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 14 janvier 2014

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Le Kurdistan : cul de sac pour les réfugiés syriens
Ils ont fui les combats en Syrie et se retrouvent embastillés dans d'immenses camps de réfugiés. Faute de mieux, 27.000 Syriens réfugiés au Kurdistan irakien ont décidé de faire machine arrière.

Août 2013. Le Kurdistan irakien autonome ouvre son unique frontière. En l’espace d’une semaine, près de 40.000 Syriens franchissent le Tigre pour fuir les combats. Un exode monumental, vers 13 immenses campements installés par le HCR (Haut Commissariats aux Réfugiés) de l'ONU. En trois ans selon le HCR, 203.000 personnes auraient trouvé refuge au Kurdistan Irakien.


Une situation devenue ingérable pour le gouvernement régional kurde d'Irak, qui tente aujourd'hui de contenir l'afflux des nouveaux arrivants. Il assure que "bientôt" tous les réfugiés seront régularisés et pourront sortir des camps. Mais à quelle échéance ?

Kawergosk, une ville dans le désert © Sophia Marchesin 
  

En bordure de vastes champs de pétrole, 13.000 Syriens s'entassent le camp de Kawergosk. Impossible d'en sortir, d'aller chercher du travail en ville, à moins d'avoir une "carte de résidence", sésame indispensable pour circuler dans le pays.

Ca fait deux mois que je n'ai rien et je ne peux plus rester ici sans argent, raconte le syrien Chivan. En plus je n'ai pas d'habits pour l'hiver. Evidemment je suis très déçu. Je pensais que ça allait être facile, mais là je ne peux plus être patient. Alors je vais rentrer chez moi, avec rien en poche, comme je suis parti. C'est une honte pour moi, ma famille là-bas attendait mon argent. Mais c'est comme ça.



Maha et ses trois filles ont passé 4 mois dans le camp de Kawergosk. Leur père n'a pas pu passer la frontière pour les rejoindre. Elles devront parcourir 260 kms pour retrouver leur ville, Al Malkia, au nord-est de la Syrie.

Partie de foot improvisée entre les douches de fortune © Sophia Marchesin

   
Selon les estimations du HCR, 27.000 syriens auraient ainsi décidé de faire machine arrière. Une démarche encouragée par le gouvernement kurde irakien. Tarik Rasheed, bras droit du ministre de l'Intérieur :

Nous aidons les familles qui veulent quitter le territoire. Car maintenant certaines zones dans le Nord de la Syrie, limitrophes du Kurdistan, sont calmes. Alors nous les ramenons en bus jusqu'à la frontière, s'ils en ont besoin.



Le retour au bercail n'est pourtant pas dénué de risques. Mais pour ces réfugiés, plutôt risquer sa vie sous les tirs de mortier plutôt que de rester bloqués ad vitam æternam dans l'impasse irakienne. 

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Photo de couverture : Camp de Quru Gusik © ZumaPresse-MaxPPP

Reportage pour le Mouv' de Sophia Marchezin et Marine Courtade

 

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