Le football ne fait plus recette à 11 mais à 5

le Reportage de la Rédaction Vendredi 03 octobre 2014

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Le football ne fait plus recette à 11 mais à 5
En salle, sur des terrains d'à peine 25 mètres de long et à 5 contre 5 ... voilà en quelques mots pour le principe. Le "Foot five" est en pleine expansion depuis plusieurs mois, au point de faire de l'ombre au foot classique à 11 contre 11.

 

Je suis crevée, c'est la première fois que je viens et on court dans tous les sens ... C'est génial parce qu'on a l'occasion de toucher le ballon plus souvent.


 

Vanina ne tarit pas d'éloges sur le Foot à 5. Venue avec des membres de son entreprise, elle n'est pas la seule à découvrir cette activité qui fait de plus en plus d'adeptes en France. Sous différentes enseignes, plus d'une centaine de salles existe sur le territoire.

Un business en expansion, auquel se joignent de nombreux ex-footballeurs professionnels comme Zinédine Zidane, Jean-Alain Boumsong ou Alou Diarra.

La cible : 25 - 40 ans

Ouverts jusqu'à tard dans la soirée, souvent minuit, les centres de foot à 5 font recette sur ces heures "post-boulot" assure Thibault Pindat, qui gère le Speed Soccer à Antony.

On cible des personnes entre 25 et 40 ans, qui ont déjà un pouvoir d'achat et qui veulent se défouler après le boulot par exemple.


 

Le "five", c'est une pratique sportive qui découle du foot classqiue, qui se joue à 11. 

"Déjà on n'a pas à trouver 22 amis pour faire une partie, ensuite on joue en intérieur sur un bon terrain synthétique, par n'importe quel temps. C'est parfait", poursuit Thibault Pindat.

A la fois plus libre que le foot à 11 - pas de licence, pas d'entraînement - et plus encadrée que le football improvisé sur un terrain municipal, le foot pratiqué dans ces centres séduit de plus en plus. Au point de faire perdre des adhérents à la Fédération Française de Football (FFF) ?

Depuis Knysna, la FFF perd des membres

Foot à 5 et foot à 11 ne sont pas pourtant incompatibles. Les dirigeants de ces centres, comme Thibault Pindat, sont formels :  

On est sur deux pratiques différentes du foot avec une passion commune. Mais il n'y a pas de concurrence et aucun des deux ne cherche à prendre le pas sur l'autre.


 

Pourtant, depuis le fiasco de Knysna en 2010, la FFF perd des adhérents. Au profit d'autres sports mais aussi au profit d'un autre football comme le football à 5.  

"Mais c'est Knysna qui entraîne une crise du football français. Ce n'est pas le Foot à 5 qui fait perdre des membres à la Fédé" explique Grégoire Vieville, directeur commercial du Five Football Club, une autre franchise de foot à 5.

Consciente de l'enjeu, la FFF voudrait réagir pour éviter l'hémorragie, sur les plus jeunes notamment. Jean-Pierre Sabani est élu au district des Hauts-de-Seine :

Prenez un gamin de 7 ans, il ne va pas aller dans ces centres avec son père par exemple. Mais s'il est licencié dans un club et que des tournois sont organisés par la FFF dans ces centres ... cela permettrait un partenariat gagnant-gagnant. Pour les centres car ils se rempliraient à des moments où ils sont vides, et pour la FFF car elle ferait des actions auprès des jeunes.


 

Pour le moment, les centres affirment n'avoir rien signé avec la FFF. Seules quelques opérations ponctuelles sont mises en place entre quelques centres et des districts de football. 

Le foot à 5 deviendra-t-il l'avenir du foot à 11 ?


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