Le festival de l'herbe

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Lundi 31 mars 2014

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Le festival de l'herbe
La première édition du "Festival de l'herbe" s'est tenue ce week-end à Tunis. Un titre provocateur, trois soirs de concerts, mais officiellement pas de drogues : il s'agissait plutôt de réclamer un assouplissement de la législation contre les fumeurs.

 

Plusieurs centaines de jeunes dansaient et chantaient ensemble la semaine dernière à Tunis. Sur scène, des artistes comme Jadal, un groupe jordanien, ou les Allemands du Beyond Borders Band. Pas de beuh à la buvette. C'était pourtant la première édition du festival de l'Herbe. "Nous voulions une appellation provocatrice pour demander la révision de la loi n°52", reconnaît Linda Meganem. Ce texte, qui prévoit un à cinq ans de prison ferme pour toute personne prise en flag' de fumette, a envoyé beaucoup de monde derrière les barreaux. Un quart des détenus tunisiens seraient actuellement en taule pour toxicomanie.

 

Soirée de clôture du festival de l'Herbe, vendredi soir, à Tunis /YouTube Tunisie Numérique, 2014

 

"Je n'ai passé que neuf mois en prison", explique un ex-détenu, "mais c'étaient neuf mois sans jamais dormir tranquille. Ca a foutu ma vie en l'air, et j'ai continué à me droguer en prison". Une colère partagée par de nombreux rappeurs, comme Klay BBJ et Hamzaoui, qui n'hésitent pas à afficher leur engagement dans leur tube Zakataka :

Apporte-moi une plaque de shit, je la fumerai sans me cacher.


 

Zakataka, interprété par Klay BBJ et Hamzaoui Med Amine

 

Depuis le mois de mars, un collectif citoyen, Al Sajin 52, réclame un débat national sur le sujet. L'avocat Ghazi Mrabet, membre de ce groupe militant, dénonce l'hypocrisie de certains de ses collègues magistrats ou policiers : "cette loi est parfois utilisée pour extorquer des pots-de-vin ou multiplier les arrestations abusives."

L'ATIOST, une association de sensibilisation aux dangers de la toxicomanie, planche déjà sur une révision du texte, mais les travaux, lancés depuis deux ans, n'aboutissent toujours pas. Samir Bouarouj, son vice-président, confirme que la prison ne peut pas être une solution. "Il vaut mieux demander des travaux d'intéret général et prendre en charge psychologiquement les malades." Le gouvernement, pour l'instant, a d'autres priorités.

 

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Photo de couverture : affiche de la 1ere édition du festival de l'Herbe

 

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