"Le coworking, ça plaît ou ça plaît pas"

le Reportage de la Rédaction Vendredi 23 mai 2014

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"Le coworking, ça plaît ou ça plaît pas"
Né en 2005 aux Etats-Unis, le coworking explose en France depuis quelques années. Il y a aujourd'hui environ 200 structures dans l'Hexagone, c'est deux fois plus que l'an dernier à la même époque. Un phénomène qui commence à être pris en compte par les pouvoirs publics et les grandes entreprises.

Du 15 au 28 mai, le ministère de la Culture a accueilli "Silicon Valois", un espace de coworking éphèmère où le Mouv' a posé ses valises numériques pour une émission spéciale en présence d'Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture et de la Communication.

 

Difficile de dire précisément combien il y a d'espaces de coworking en France, beaucoup étant informels. Mais selon les principaux réseaux, il y aurait environ 200 structures dans l'Hexagone en mai 2014. C'est deux fois plus qu'en mai 2013.

Même si le phénomène est encore principalement urbain, il n'est plus l'apanage des grandes villes : il se developpe aussi dans les villes moyennes comme Angoulême, Tours ou Amiens.

Des salles de réunion sont mises à disposition des coworkers / Cc les docks numériques

Au bord du canal de Bourgogne, à Dijon, "les docks numériques" viennent de s'installer. Deux ans après sa création, cette structure de coworking a dû déménager : les 200 mètres carré étaient pleins. Aujourd'hui, ils disposent de locaux cinq fois plus grands. "Chacun apporte son matériel informatique", explique Bruno Louis Seguin, l'un des co-gérants. "Nous fournissons un bureau, une chaise, un peu de rangement et une connexion Internet". Aujourd'hui, ils sont une vingtaine à travailler quotidiennement aux "docks numériques". Certains comme Jean-Christophe viennent tous les jours.

Je travaille dans une association, mais avec les questions des adhérents, l'accueil, je ne pouvais pas me concentrer. Ici, je travaille en silence, sereinement


 

D'autres, comme Laurent, investissent les locaux ponctuellement. "A force de trop travailler chez moi, j'étouffe. J'ai besoin de rencontrer des gens, d'échanger", explique ce créateur d'une entreprise d'expertise automobile

"L'etat d'esprit du coworking ça plaît ou ça ne plaît pas", reconnaît Silvère Denis, l'autre co-gérant. "Certaines personnes ne sont pas prêtes à partager, à entrer dans cette famille". En dehors d'un espace à partager, le coworking c'est surtout une communauté. Chaque jour, les coworkers prennent le café, déjeunent ensemble... Ils deviennent amis et souvent commencent à faire des projets en commun.

C'est d'ailleurs à la cantine que naissent la plupart des collaborations. "Un client à moi voulait un blog en quatre langues", raconte Paul, l'un des coworkers. "Je n'avais pas les compétences pour le faire, mais une entreprise ici pouvait m'aider. Alors on a travaillé ensemble. C'était gagnant pour les deux".


Le coworking a permis a Paul de décrocher un contrat / Cc Les docks numériques

Et cette capacité de création et d'innovation, les grandes entreprises traditionnelles l'ont bien saisie. Coca-Cola, Vodafone ou de grandes banques encouragent leurs salariés à travailler dans ce cadre là. Et en France, les pouvoirs publics commencent à soutenir des initiatives. Les docks numériques devraient par exemple recevoir des aides de la part du conseil général de Côte d'or.

Les choix actu du Mouv', c'est tous les jours dans le Reportage de la Rédaction.

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Photo de couverture : capture d'écran

Reportage : Emma Sarango

 

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