Le business brûlant de la e-cigarette

le Reportage de la Rédaction Mardi 08 octobre 2013

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Le business brûlant de la e-cigarette
Vapoter is money. Le Parlement européen a rejeté aujourd'hui l'idée de considérer la cigarette électronique comme un médicament. Voilà de quoi rassurer les nombreuses boutiques qui les vendent à prix d'or. L'e-clope n'ira pas en pharmacie.

 

Benjamin Illy n'arrête pas de cliquer sur la pile de sa e-clope. Toute la journée, ça clique, ça clique, ça clique. Mais vous, pour écouter son reportage, cliquez ci-dessus.

 

Plus personne ne l'ignore : les vapoteurs sont là, ils ont pris forme humaine. Il nous faut maintenant convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé. C'est affreux ! Même Johnny Hallyday (même lui !) a été touché par la malédiction :

 

 

La cigarette électronique, sans tabac mais bourrée de nicotine, est devenue en quelques mois un phénomène de société. Si son efficacité pour éloigner les fumeurs de leur addiction reste à prouver, elle séduit en tout cas de plus en plus de clients (1,5 millions d'usagers réguliers d'après l'OFPT, l'Office français de prévention du tabagisme), attirés par son goût fruité, son design ou (plus probablement) par la possibilité de la consommer au bureau, dans les bars, chez mamie, bref : partout où la clope leur était interdite.

 

Plus d'un demi-millier de boutiques en ont fait leur fond de commerce dans notre pays. Xavier Croux tient l'une des enseignes pionnières, ouverte depuis un an et demi dans le XVe arrondissement de Paris. Il voit passer une centaine d'acheteurs par jour en moyenne. Une belle affluence malgré des tarifs qui pourraient sembler prohibitifs : 70-80€ pour une pile qui ne coûte même pas 30€ au vendeur.

 

Sketch de Vincent Kucholl et Vincent Veillon pour nos confrères de la radio Couleur3 © RTS, 2013

 

"C'est une marge confortable qui nous sert à payer le loyer et les trois salariés." Certes, mais le chiffre d'affaires doit être au beau vert. D'après Bertrand Dautzenberg, le président de l'OFPT, une recharge liquide vendue 5€ sur internet n'a qu'une valeur réelle de dix centimes. "Tous les intermédiaires s'accordent des marges considérables."

 

Les clients en sont bien conscients et réclament d'ailleurs davantage d'encadrement. Ils ne l'auront qu'à moitié : le Parlement Européen vient de voter, ce mardi, le renforcement de la législation. Le vapotage sera désormais interdit aux mineurs, mais la clope virtuelle ne sera pas considérée comme un médicament. Bonne nouvelle pour les boutiques, qui ne verront pas leur trésor légué aux pharmacies, mauvaise nouvelle pour la clientèle qui continuera de trouver des produits de qualité très variable.

 

Charly Payrault, secrétaire général du Collectif des acteurs de la cigarette électronique, souffle un peu. Il a expliqué son soulagement au téléphone de Benjamin Illy (cliquez sur le player) :

 

 

Et sinon, Michèle Delaunay, la ministre déléguée aux personnes âgées, réagissant hier soir à la mort du metteur-en-scène Patrice Chéreau (des suites d'un cancer des poumons), a proposé une solution plus radicale encore :

 

 

Elle ne s'est pas faite que des amis. La question est pourtant légitime, et le débat est lancé.

 

Il y a quelques mois, on parlait carrément d'interdire le vapotage. Vous vous en rappelez ? C'était ici.


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