Le Brésil, champion du monde des crimes homophobes

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Mardi 07 octobre 2014

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Le Brésil, champion du monde des crimes homophobes
En 2014, selon une ONG, le Brésil a connu pas moins de 218 meurtres homophobes. Un paradoxe dans ce pays, parmi les premiers à autoriser le mariage gay en Amérique Latine. Ce sera peut-être l'un des thèmes de l'entre deux tours des élections brésiliennes.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Dilma Roussef en 2011, les meurtres homophobes sont en hausse de 14% au Brésil. Active dans le pays depuis 35 ans, l'ONG de défense des droits des homosexuels Grupo Gay de Bahia s'est livrée à un décompte glaçant. Le nombre de meurtres d'homosexuels a été d'au moins 338 en 2012, 312 en 2013, et de 218 depuis début 2014.

L'association rappelle que pratiquement la moitié des meurtres de transsexuels et de gays commis dans le monde l'année dernière, l’ont été au Brésil. Des assassinats non élucidés dans 70% des cas.

Marche contre l'homophobie, Maringa, 2011 / CC Flickr Alvar Sasaki


Dilma Roussef vient de remporter le premier tour, la présidente sortante ne fera sans doute pas l'économie de questions sur le sujet de l'homophobie. Elle s'est invitée dans la campagne fin septembre, quand Levy Fidelix, l'un des candidats s'est totalement lâché lors d'un débat télévisé :

L'appareil excréteur ne sert pas à la reproduction [...] Deux (personnes) identiques ne font pas un enfant. [...] Le Brésil compte 200 millions d'habitants. Si on commence à encourager cela, d'ici peu, on ne sera que 100 millions.


Levy Fidelix en 2010 / CC Flickr Levy Fidelix


Des propos qui ont déclenché un véritable tollé sur les réseaux sociaux, le hashtag #LevyVocêÉNojento (littéralement "Levy tu es dégueulasse") est arrivé en tête des trending topics sur Twitter le 28 septembre. Avec ses airs de petit gaulois, Levy Fidelix ne recensait que 1% des intentions de vote au premier tour. N'empêche, le candidat d’extrême droite reflète une partie de l'opinion. 

En mai 2013, le Brésil est devenu le troisième pays latino-américain où les gays peuvent se marier avec les mêmes droits que les couples hétéros. Dans le plus grand pays catholique du monde, évangéliques et néo-pentecôtistes progressent à grand pas et détiennent un groupe important au Parlement. Le mariage gay n’a pas été voté par les députés, mais il a tout de même été validé par le Conseil national de justice.

Reportage de Anne Vigna / Édition : Sébastien Sabiron  



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