Le Brésil à la pointe des libertés numériques

le Reportage de la Rédaction Jeudi 24 avril 2014

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Le Brésil veut briser l'hégémonie du net US
Sao Paulo accueillait cette semaine le sommet Net Mundial, une conférence internationale pour réformer la gouvernance du web. Au même moment, le Sénat votait la loi sur la neutralité du net. La population réclame un maximum de transparence. Et les hackers ne manquent pas d'idées.

 

A Rio de Janeiro, aujourd'hui, on ne peut emprunter un vélib qu'en passant par une appli mobile. A Sao Paulo, vous devrez aussi dégaîner le smartphone pour commander un taxi. Les start-up brésiliennes ont depuis longtemps rattrapé leur retard, et les hackers ont pignon sur rue. Ils sont sollicités par les administrations. La municipalité de Rio a organisé récemment un "hackathon" pour travailler sur les big data de la ville. Piedro Perasso est le directeur de la technologie numérique à la mairie

On a sélectionné 78 hackers, et en deux jours, en examinant toutes nos données brutes, ils ont trouvé, par exemple, une façon de simplifier les numéros d'appels d'urgence. Avant on avait des centaines de numéros différents, et ils ont réussi à identifier les quatre priorités des Cariocas : le stationnement, l'éclairage public, l'élagage des arbres et les nids de poule.


 

Aujourd'hui, ces big datas sont en libre accès sur un site officiel public. L'ex-ministre de la culture, Gilberto Gil, se considérait comme un ministre hacker. Il a mobilisé la société civile pour faire avancer la défense des libertés numériques. Le Sénat brésilien vient d'ailleurs de voter, ce mercredi 23 avril, la loi sur la neutralité de l'Internet. Une première mondiale, qui limitera la collecte des données privées et leur utilisation commerciale.

 

Le vote du "Marco Civil", la loi sur la neutralité du net, hier au Sénat brésilien © SBT, 2014

 

Mais n'allez pas croire que les hackers avancent toujours main dans la main avec le pouvoir. A Bixiga, un quartier italien de Sao Paulo, on croise des journalistes indépendants, relais de Wikileaks, des photographes qui traquent les bavures policières, et différents activistes.

Thiago Pimentel met en place régulièrement des "cryptoraves", sortes d'ateliers dans lesquels il enseigne au grand public comment crypter et sécuriser nos données et nos communications sur le net. "On doit garantir la vie privée des individus et maintenir la pression pour garantir la transparence des gouvernements qui nous dirigent." 

 

Présentation d'une cryptorave, début avril, au Brésil © Actantes Brasil, 2014

 

Dans une cinquantaine de jours, la Coupe du monde braquera les caméras sur ce pays, le plus grand d'Amérique Latine. Les hackers locaux ont promis de profiter de l'événement pour multiplier les actions, piloter les manifestations et crier, encore, leur colère contre l'organisation de cette dispendieuse compétition.

 

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Photo de couverture : compte Twitter d'Adam C. Schlosser (@ChamberGRC)

Reportage : Guillaume Battin Mise en page : Augustin Arrivé

 

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