Lars Ulrich, de Metallica, en interview

le Reportage de la Rédaction Mercredi 09 octobre 2013

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Lars Ulrich, de Metallica, en interview
Les fans de Metallica attendent ce jour depuis des mois : la sortie de "Through the Never", un film complètement fou qui retrace le plus gigantesque concert du groupe culte. Lars Ulrich, le batteur, a répondu aux questions du Mouv'.

 

Augustin Arrivé, de la rédac' du Mouv', a tendu son micro à Lars Ulrich et nothing else matters. Cliquez ci-dessus pour écouter son reportage.

 

Qu'est-ce qu'on peut bien faire de plus quand on a déjà vendu plus de 100 millions d'albums, qu'on a décroché des disques de platine dans une quarantaine de pays, qu'on s'apprête à fêter ses cinquante ans mais qu'on est bien loin de vouloir débrancher les amplis ? On sort un film. Mais pas n'importe comment.

 

D'abord, s'assurer d'avoir accès au meilleur matos du monde. Faire copain-copain avec IMAX, la boîte canadienne à la pointe des systèmes de projection, récupérer les caméras 3D de James Cameron, et engager un réalisateur spécialisé dans la forme, plus que dans le fond, en l'occurrence Nimrod Antal, le papa de Predators. Avec ça, vous pouvez être sûr d'en mettre plein les yeux.

 

Metallica, Through the Never, réalisé par Nimrod Antal © Chrysalis Films, 2013

 

Through the Never est né comme ça. "Nos plus jeunes fans n'arrêtent pas de parler des shows légendaires qu'on proposait dans les années 80 et 90." Ah oui, j'ai oublié de le préciser : Lars Ulrich, le batteur et fondateur du groupe, ne s'embarrasse pas de fausse modestie. "Et même s'il ne faut pas trop vivre dans le passé, je crois que ça ne fait pas de mal de célébrer quelques bons souvenirs, donc on a voulu faire un film où on retrouverait toutes les bonnes idées de notre carrière."

 

Ils montent donc ce spectacle, qui reprend leurs mises en scène les plus sensationnelles : statue géante, explosions, destruction de scène, alignement de cercueils. C'est éblouissant, et l'utilisation de la 3D est parfaite. Quand un technicien prend feu au milieu du concert, les pompiers interviennent, l'éteignent et l'évacuent. Le public, hypnotisé par de telles prouesses, réclame alors que le show continue, rien à cirer du mec à moitié mort. Lars n'est pas surpris : "Il ne faut pas se formaliser, c'est logique, plus une foule est nombreuse, moins elle réfléchit. Bienvenue dans le monde du rock'n roll."

 

Lars Ulrich, batteur et fondateur de Metallica, au micro du Mouv'

 

Il est clair que si le spectacle est grandiose, le film, lui, laisse notre intellect roupiller tranquille. On ne peut s'empêcher de sourire en entendant le batteur comparer son oeuvre à Une séparation, merveille de l'Iranien Asghar Farhadi, Ours d'or 2011. "Son film est meilleur mais nous avons imaginé un peu le même genre de fin en suspens, qui reste en tête plusieurs jours après la séance. En fait, depuis deux ans, le cinéma m'inspire davantage que la musique."

 

La référence semble un peu capillotractée, mais peu importe : les fans passeront un excellent moment, au son des plus grands tubes, de Nothing Else Matters à Master of Puppets. Les autres s'ennuieront ferme. A ceux-là, on conseille plutôt le DVD du Passé, le dernier Asghar Farhadi, il n'est pas mauvais non plus.

 

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