Larry Levan et le Paradise Garage

Docteur Beat Mercredi 06 novembre 2013

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Larry Levan et le Paradise Garage
Tous les mercredis à 20h45 dans Hashtag Le Mouv', Docteur Beat passe au scanner toute l’actu de la musique électronique et du clubbing. Le 8 novembre cela fera 21 ans que le DJ new-yorkais Larry Levan est mort. L'occasion de revenir aux sources du clubbing et d'évoquer le club où il officiait : le Paradise Garage.

 

Quand on dit club et New York on pense tout de suite au Studio 54 et à ses paillettes mais c’était finalement un club réservé à la jet-set à laquelle on offrait en pâture quelques prolos triés sur le volet.

Les endroits dont je veux vous parler ce soir, le Paradise Garage et avant lui le Loft, pour ne citer que ces deux-là, étaient des vrais lieux de mixité sociale où les communautés noire, latino et homosexuelles venaient laisser parler leur corps sans discrimination aucune.

La bande-son c’est bien sûr le disco une musique qui mélange les rythmes latinos à la soul noire de Détroit (pour les cuivres) et à celle de Philadelphie (pour les cordes).


[Enseigne du Paradise Garage]

 

En 1976 Michael Brody et Mel Cheren achètent un ancien garage au 84 King Street et le transforment en club et c’est Larry Levan qui va s’occuper de la musique. Pendant 11 ans tous les week-ends une foule bigarrée viendra danser, tripper et s’aimer entre les murs de béton et les néons bleus du Paradise Garage.

A la porte certains allaient jusqu’à proposer des petites gâteries aux heureux détenteurs de carte de membre dans l’espoir de rentrer. Jusqu’à sa fermeture en 1987, le Paradise Garage sera le temple du clubbing et fera de New York la capitale mondiale de l’underground et de Larry Levan un dieu vivant.

 

[Larry Levan par Keith Haring]

Larry Levan était une véritable star dans le bon sens comme dans le mauvais. Il était charismatique, flamboyant, toxico, avec des exigences de diva. Il avait le regard sévère et tous les anciens clubbers racontent comment ils avaient la sensation d’être des poupées entre ses doigts.

Quoi qu’en pense notre Régine nationale, c’est bien à New York que Larry Levan et tous ces pionniers ont posé les bases du DJing moderne : l’art de l’enchaînement, caler les deux disques au même tempo, couper les basses, les remettre, rallonger les breaks, et aussi ne rien se laisser dicter par la mode ou par le public. Si jamais il voyait que la foule n’aimait pas un morceau, Larry Levan, têtu, le jouait plusieurs fois de suite jusqu’à ce que les gens rendent les armes.

C’est pour moi un des principes fondamentaux du clubbing : le DJ, c’est pas un jukebox ! Et que tous ceux à qui il est arrivé d’aller demander un morceau à un DJ dans un club se le tiennent pour dit !

[Maestro, le documentaire de Josell Ramos sur la scène clubbing new-yorkaise des années 70-80]

Sélection musicale :

INNER LIFE - Ain't no mountain high enough (feat. Jocelyn Brown) [Larry Levan's Garage mix]

ALEEM - Release yourself (Dub mix)

ASHFORD & SIMPSON - Found a cure

THE JOUBERT SINGERS - Stand on the world [Larry Levan mix]

Sur theparadisegarage.net vous trouverez des centaines de témoignages d'anciens clubbers.

 

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