La Révolution française

Plan B (best of) Vendredi 12 octobre 2012

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La Révolution française
Frédéric Bonnaud reçoit Eric Hazan pour son livre une histoire de la Révolution française (La Fabrique) et L'invention de Paris (Seuil).

Une histoire de la Révolution française, un livre d'Eric Hazan publié aux éditions La Fabrique.

Dans les années 1790, pour le grand leader whig Charles James Fox, la Révolution française était « l’événement le plus important qui se soit jamais produit dans le monde ». Depuis, avec le passage de l’actualité à l’Histoire, la Révolution a gardé son pouvoir de fascination. Le sujet n’est pas neutre : une importante école historique considère la Révolution comme un trouble malencontreux venu bouleverser de façon sanglante le mouvement général vers le libéralisme. Le présent livre s’inscrit dans une tout autre lignée, pour qui la Révolution a changé à jamais la façon de penser et de vivre du monde occidental.Il est construit comme un récit qui donne à entendre les deux voix de la Révolution : celle des assemblées, des personnages célèbres, et celle du peuple, des anonymes, des femmes, des paysans, que l’on perçoit tantôt comme un bruit de fond et tantôt comme un grondement assourdissant. Ces deux voix se mêlent aux moments d’incandescence révolutionnaire, en juillet 1789, en août 1792 où la royauté est abattue, en mai-juin 1793 lors de la chute de la Gironde. Et quand ces voix se font discordantes, alors viennent les moments les plus sombres, jusqu’au drame du 9 thermidor.«Les héritiers des thermidoriens qui nous gouvernent sans discontinuer depuis lors cherchent à travestir l’histoire de la Révolution. Contre eux, gardons vivante la mémoire, gardons l’inspiration de ce moment où l’on put entendre que les malheureux sont les puissances de la terre, que l’essence de la république et de la démocratie est l’égalité, et que le but de la société est le bonheur commun ».

L'invention de Paris. Il n'y a pas de pas perdus, un livre d'Eric Hazan publié aux éditions du Seuil.

 

Places royales et faubourgs brumeux, enceintes, barricades et passages,

c'est la trame serrée des quartiers parisiens qui organise cette

déambulation proposée aux flâneurs des rues et des livres.

On y voit naître, au rythme des enceintes successives, l'éclairage public,

l'enfermement des pauvres et des fous, le numérotage des maisons, les

terrasses des cafés et la police de proximité. Du Marais des Précieuses au

XIe arrondissement des «branchés», on assiste aux migrations de la mode, à

l'apparition de microvilles dans la ville, celles de Scarron, de Des Grieux,

de Desmoulins, de Rubempré et de l'autre Lucien, Leuwen, celles de Gavroche,

de Baudelaire et de Manet, d'Apollinaire, celles encore de Nadja, de

Doisneau ou d'Anna Karina.

Mais les vrais héros du livre, ce sont des anonymes, les architectes du

désordre qui, de génération en génération, se sont transmis l'art d'empiler

les magiques pavés, au faubourg Saint-Antoine en prairial an III, au cloître

Saint-Merri en juin 1832, au clos Saint-Lazare en juin 1848, à Belleville en

mai 1871, au quartier Latin en mai 1968, démontrant chaque fois - et

plaignons ceux qui croient la série close - la force de rupture de Paris.

 

 

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