La réinsertion par le hip-hop à Dakar

Pendant ce temps, à Vera Cruz (old) Vendredi 25 octobre 2013

Réécoute
La réinsertion par le hip-hop à Dakar
Au Sénégal, une école propose aux jeunes en difficulté et aux ex-taulards de se réinsérer dans la société grâce à la culture urbaine. Des cours de DJ, de break-dance ou de graff puis des concerts en centre-ville pour conquérir le public.

 

Bineta Diagne a une parfaite street credibility. Et elle mixe à merveille. La preuve avec son reportage, à retrouver en cliquant ci-dessus.

 

Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar. Une surpopulation manifeste (300.000 habitants), un mal-logement fréquent (souvent, pour ne rien arranger, en zone inondable), des taux de chômage et d'analphabétisme élevés, et un club de foot qui vient de retomber en ligue 2 (bon, ça, c'est moins grave). Pas évident de remonter la pente, mais le rappeur Fou Malade n'est pas du genre à baisser les bras.

 

Il était l'un des leaders du mouvement Y en a marre pendant la campagne présidentielle, l'an dernier. A l'époque, il avait réussi à mobiliser l'opinion pour éviter un record d'abstention qui aurait reconduit Abdoulaye Wade au pouvoir. "L'heure n'est plus aux complaintes fatalistes face aux coupures d'électricité", expliquait le collectif. Ce même refus de la résignation l'amène aujourd'hui à la tête de Guédiawaye Hip-Hop, une école associative des cultures urbaines.

 

Comme toutes les écoles, le G-hip-hop a son tableau noir © Guédiawaye hip-hop, 2013

 

"Ca permet aux jeunes d'accéder à un studio d'enregistrement.", explique le candidat annoncé à la mairie de la ville. "Tout le monde n'a pas les moyens de sortir un disque, mais ici on peut mixer et masteriser ta musique." 15.000 francs CFA (20€) pour une maquette, ou seulement 3€ pour suivre les cours dispensés sur place : break-dance, graffiti, métiers du son. Il suffit de vous procurer une carte de membre.

 

Des tarifs intéressants, mais il n'y a pas que ça. "Je suis allé sept fois en prison", raconte El Massi, la vingtaine, un rappeur né dans le quartier. "J'avais de mauvaises fréquentations et grâce à ce centre, j'ai rencontré de nouvelles personnes et j'essaie de m'améliorer, de muscler mon écriture." De nombreux ex-détenus se retrouvent ici, et troquent la violence physique contre le militantisme artistique.

 

Si vous parlez wolof, voilà un petit reportage sur le Guédiawaye hip-hop © Badou Sambation'ent, 2013

 

Paco, le secrétaire général de l'association, dit vouloir sauver la jeunesse d'un "certain nombre de tentations". La drogue et la délinquance, pour être clair. "Dans une banlieue comme la nôtre, le rap peut être une vraie occupation pour les jeunes."

 

Cette école contribuera-t-elle a freiner l'exode étudiant vers l'Europe ? On en parlait par ici

Et parce qu'il y a toujours un Vera Cruz à l'autre bout du monde, retrouvez l'ensemble de nos reportages en cliquant par ici.

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